• Loin des idées reçues, cet ouvrage sans équivalent raconte et explore « le siècle ouvrier ». Faisant la part belle aux témoignages, l'auteur trace les contours du quotidien ouvrier : travail, engagements, combats, mais aussi vie de famille, logements, loisirs. Il inscrit l'histoire de ces hommes et ces femmes dans un siècle scandé par les crises, du Front populaire à Mai 1968, en passant par les deux guerres mondiales et la crise des années 1930.
    Balayant bien des clichés - comme les liens indéfectibles entre partis de gauche et classe ouvrière - et investissant d'autres thèmes - les femmes, les immigrés, la « centralité » ouvrière -, cette synthèse novatrice nous livre les clés pour saisir la force et la complexité d'un monde qui incarne le XXe siècle français dans son aspiration à la solidarité comme dans sa récente déstabilisation.

  • Les Ouvriers est le premier livre-objet consacré à la mémoire ouvrière en France. La mine, les hauts-fourneaux, les chaînes automobiles ou l'agroalimentaire... Arrivants des campagnes françaises, de Pologne, d'Italie ou d'Afrique du Nord, des hommes et des femmes sont devenus ouvriers, par fois avant d'avoir 15 ans. Les embrasements sociaux, les congés payés, l'évolution des tâches racontent une histoire tissée de fier té et d'émotion. L'histoire des ouvriers est aussi faite de solidarité, de poèmes et de chansons, de mariages et d'amitiés. Maître de conférences en histoire contemporaine, Xavier Vigna a notamment publié Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Perrin, 2012).

  • Le XXe siècle a porté à son apogée la classe ouvrière en France. Les vagues de grèves qu'elle conduit et les organisations syndicales ou politiques qu'elle rejoint suscitent à la fois espoir et effroi, devant l'idée que les ouvriers puissent bouleverser radicalement l'ordre social.
    Ce double sentiment s'est exprimé dans une multitude d'écrits. L'État par le truchement de la police ou des inspecteurs du travail, le patronat, les organisations catholiques, les sociologues, sans parler des lettrés qui choisirent de se faire ouvriers plus ou moins longtemps dès l'entre-deux-guerres, n'ont cessé d'évaluer la classe ouvrière et sa moralité. Les ouvriers ont répondu dans des tracts, des témoignages ou des romans, qui racontent le travail, la vie et les luttes.
    Ce sont ces textes, tantôt sous forme d'archives, tantôt publiés, connus ou complètement inédits, que Xavier Vigna explore dans ce livre.Il montre que ces luttes d'écritures relèvent bien de luttes de classes.
    On se souvient d'Emmanuel Macron dénonçant l'illettrisme supposé des ouvriers : quand un tel mépris vient légitimer la domination sociale et politique, quand l'anticommunisme conduit à l'anti-ouvriérisme, l'écriture ouvrière, qui réplique et réfute, oeuvre à l'émancipation individuelle et collective.
    En revisitant l'histoire ouvrière, cet ouvrage invite à relire le XXe siècle français. 

  • La mémoire de 68 a largement valorisé le mouvement étudiant.
    Pourtant, 68 constitue également le plus puissant mouvement de grèves ouvrières que la france a connu, et qui ouvre ensuite une phase décennale de contestation dans les usines. c'est cette séquence d'insubordination ouvrière que xavier vigna retrace dans une étude historique pionnière qui s'appuie sur des archives inédites. en croisant tracts, rapports de police et films militants, ce livre analyse d'abord l'événement que constituent les grèves de mai-juin 1968, bien au-delà de la seule scène parisienne souvent réduite à la " forteresse de billancourt ", et en montre le caractère inaugural.
    Dès lors, l'insubordination perdure et se traduit par de multiples illégalités. la parole ouvrière qui la nourrit conteste l'ensemble de l'organisation du travail. relayée selon des modalités complexes par les organisations syndicales et les groupes d'extrême-gauche, cette insubordination échoue pourtant face à la crise économique. ainsi, ces années 68 constituent également une séquence ouvrière, dont cet essai d'histoire politique des usines entend restituer l'ampleur.
    Livre d'histoire par conséquent à rebours des discours convenus sur " mai 68 ", et d'une histoire ouvrière qui se confronte à la sociologie du travail d'alors, il renouvelle largement notre connaissance d'une période ardente et cruciale, celle des années 68.

  • Histoire de la société française, 1968-1995 Nouv.

    Cet ouvrage explore une séquence à la fois proche et lointaine de la société française, de 1968 à 1995. Des grandes grèves de 1968 au mouvement social de 1995 contre le plan Juppé, c'est une période que bien des lecteurs ont traversée, mais que les plus jeunes ignorent ou méconnaissent.
    L'auteur a le souci de restituer le cadre de cette époque et les évolutions structurelles (urbanisation, désindustrialisation, etc.) qui l'ont marquée sans négliger les « petites madeleines » familières aux plus anciens : le Minitel ou le Walkman, la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983 ou la Camif.
    Ce livre met également en lumière des éléments rarement considérés : l'importance des Portugais ou des Turcs dans l'immigration, les mobilisations des personnes en situation de handicap dans l'après-68 ou encore la consistance du conservatisme dans une France qui subit une crise au long cours. Bien que ces décennies soient encore dans beaucoup de mémoires, cette histoire permet de les redécouvrir.

  • C'est lorsqu'un cycle se termine qu'il faut le raconter.
    Or, depuis la fin des années 1970, au rythme de la désindustrialisation, le nombre d'ouvriers décline inexorablement. Spécialiste de l'histoire sociale de la France contemporaine, Xavier Vigna a donc décidé de retracer la vie et l'évolution de ces hommes et de ces femmes qui ont profondément marqué la France du XXe siècle. Faisant la part belle aux témoignages, il nous décrit leur quotidien : leur travail, leurs engagements, leurs combats, mais aussi leur vie de famille, leurs logements, leurs loisirs.
    Enfin, il se penche sur les grands moments qui ont scandé leur histoire, du Front populaire à Mai 1968, en passant par les deux guerres mondiales et la crise des années 1930. Balayant bien des clichés - comme les liens indéfectibles entre partis de gauche et classe ouvrière - et investissant d'autres thèmes - les femmes, les immigrés, la " centralité " ouvrière -, cette synthèse novatrice nous livre les clés pour saisir la force et la complexité d'un monde qui incarne le XXe siècle français dans son aspiration à la solidarité comme dans sa récente déstabilisation.

  • S'il est un spectre qui hante l'Europe des XIXe et XXe siècles, c'est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu'elle s'invente avec l'industrialisation, est d'abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
    Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d'un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement - féministes, jocistes ou révolutionnaires.
    En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l'ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l'Europe contemporaine.

  • Contre la réduction du printemps 1968 à un monôme étudiant, ce livre entend restituer l'épaisseur conflictuelle de ce qui fut un des événements majeurs de l'histoire du siècle dernier. Pendant huit semaines en effet, la société française connut un ébranlement considérable : dans les universités évidemment, mais également dans les usines et sur tous les lieux de travail, dans les campagnes enfin. Il fallait par conséquent décentrer l'analyse au-delà des rives de la Seine vers d'autres régions et envisager la multiplicité des acteurs de ces épisodes : les étudiants comme les ouvriers et tous les salariés, mais aussi les paysans, et bien évidemment l'Etat, qui n'est pas resté impavide ; les organisations politiques et syndicales, au-delà du seul mouvement ouvrier ; les répertoires d'action (les manifestations, les grèves) comme les stratégies pour réprimer et/ou désamorcer la conflictualité (élections et amnisties). Mais comprendre 68 suppose aussi d'opérer une double mise en perspective : en situant ce printemps dans une conflictualité séculaire d'une part, en regard des mouvements de contestation qui secouent le monde d'autre part. Si ce livre n'offre pas un récit du printemps, il permet en revanche de mesurer combien ces huit semaines ébranlèrent la France.

empty