Les Presses Du Reel

  • Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.

    Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
    Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.

  • Catalogue « bio-monographique » éclairant la démarche de l'artiste, sculptrice et céramiste Valentine Schlegel, dont la pratique, intimement liée à son quotidien, répond à une logique certaine : celle de créer ses propres conditions de vie. Réalisé par l'artiste Hélène Bertin suite à une recherche sur Valentine Schlegel, édité par Hélène Bertin et Charles Mazé & Coline Sunier.
    Née en 1925, Valentine Schlegel a développé une pratique plastique quotidienne entre Paris et Sète. À l'image d'un couteau suisse, elle maîtrise plusieurs techniques pour réaliser des objets usuels aux corps sculpturaux: couverts en bois, vases en céramique, sacs en cuir, cheminées en plâtre. Conçu sans hiérarchie, souvent en collaboration avec ses amis, ce corpus est fait d'objets de différentes dimensions et aux usages tantôt fantaisistes, tantôt quotidiens. Valentine Schlegel a également réalisé nombre d'éléments architecturaux en plâtre destinés aux intérieurs. Ces sculptures à vivre sont aussi, par leur caractère indéplaçable, la raison pour laquelle son travail est resté méconnu.
    Valentine Schlegel: je dors, je travaille par Hélène Bertin est un catalogue « bio-monographique » réunissant une nouvelle iconographie et des documents d'archives. Des notices biographiques séquencent le livre et éclairent la démarche et la vie de Valentine Schlegel.
    Grâce à une iconographie riche et précisément sélectionnée, cette monographie de référence permet notamment de documenter l'ensemble des cheminées que Valentine Schlegel a réalisées chez des particuliers - une centaine de 1959 à 2002. Les autres pans de son travail sont également abordés afin de saisir l'ensemble de sa pratique, intimement liée à son mode de vie, où les questions d'autonomie de production et d'amitié sont centrales.
    «je dors» et «je travaille» sont deux énoncés peints sur une pancarte réversible accrochée à la porte de l'atelier sétois de Valentine Schlegel. Ils correspondent à deux temps différents de ses journées, invitant à l'isolement ou à la compagnie. Ces deux «activités» ne sont pas à prendre comme des opposés mais comme indissociables l'une de l'autre: elles servent de structure à l'édition en rendant perceptible les choix de modes de vie personnels et professionnels de Valentine Schlegel.
    De par le déroulé chronologique, chaque page du livre peut être perçue comme un moment d'une journée, où la fabrication d'un ustensile de cuisine, la pratique de la sieste dans une couchette spécialement conçue à cet effet, la création d'une cheminée en plâtre pour la maison d'un collectionneur ou d'un sifflet en forme de sirène pour un cadeau à une amie sont les témoins d'une pratique totale et quotidienne, sans ordre hiérarchique mais répondant à une logique certaine: celle de créer ses propres conditions de vie.
    Publié à l'occasion de l'exposition « Cette femme pourrait dormir dans l'eau - Valentine Schlegel par Hélène Bertin » au CAC Brétigny, du 30 septembre au 09 décembre 2017.

    Hélène Bertin (née en 1989 à Pertuis, vit et travaille à Paris) traverse doucement la France en suivant les cours d'art appliqués au lycée en Avignon, de l'École des beaux-arts de Lyon puis de l'École des beaux-arts de Paris-Cergy. À la fin de ses études, elle s'installe à Paris et à Cucuron, son village natal. Elle développe une pratique qui met en mouvement le travail d'artiste, de curateur et d'historienne. Ses objets de sculptrice ont des qualités usuelles qui se dérobent à l'espace du white cube. Ils se vivent dans l'intimité de la sphère privée, comme l'espace de l'atelier, de la maison, et en extérieur. Hélène Bertin travaille aussi en collectif avec Plafond, avec qui elle partage des moments de réflexion et des expositions. Avec l'aménagement de son atelier à Cucuron, le « workshop culinaire » est l'un de ses terrains d'expérimentation collective où des artistes se regroupent autour de mets qu'ils confectionnent, mangent et digèrent ensemble. Investie dans son village, c'est dans un vignoble de vin naturel qu'elle a récemment organisé sa première exposition collective. Depuis plusieurs années, elle réalise des recherches autour de Valentine Schlegel qui, comme une guide, lui a ouvert sa pratique originale et libre de l'art.


  • d'oú vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? nicolas bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social.
    son essai se donne pour but de produire des outils nous permettant de comprendre l'évolution de l'art actuel : on y croisera felix gonzalez-torres et louis althusser, rirkrit tiravanija ou félix guattari, et la plupart des artistes novateurs en activité.

  • Fruit d'une enquête au long cours auprès de dix chorégraphes, cet ouvrage établit un vocabulaire de la composition en danse, témoignant des pratiques et opérations qui forment la création chorégraphique contemporaine.
    À partir des paroles recueillies auprès de dix chorégraphes au cours d'une enquête qui s'est étirée sur trois ans, Yvane Chapuis, Myriam Gourfink et Julie Perrin ont élaboré un vocabulaire de la composition en danse. Il s'organise en vingt notions, mises en perspective historiquement ou conceptuellement, suivies de quatre discussions spécifiques et de dix portraits de circonstance.
    Ce livre témoigne de pratiques et d'opérations qui donnent forme et sens aux oeuvres. Ouvrant à des conceptions hétérogènes de la composition, il n'épuise pas le champ des possibles, mais peut servir de repère pour aborder la création chorégraphique contemporaine.

    « [Il s'agit d']un ouvrage substantiel : une somme dans laquelle on peut entrer et sortir à sa guise, selon que l'on questionne tel ou tel mode opératoire. Cette approche transversale est la grande force de l'ouvrage, qui permet d'échapper aux rails monographiques, pour ouvrir au contraire la pensée sur une vingtaine d'opérations d'écriture de la danse. En interrogeant sans relâche le rapport entre composition et interprétation, composition et invention gestuelle, composition et réception. ».
    Journal de l'ADC

  • Une enquête sur les enjeux à la fois artistiques et politiques de l'art participatif, depuis les années 1990.

    Jeremy Deller propose aux anciens mineurs d'Orgreave de participer à la reconstitution historique en costume de l'émeute ouvrière anglaise de 1984. Javier Téllez organise avec les patients de l'hôpital psychiatrique de Tijuana la propulsion d'un homme-canon par-dessus la frontière américano-mexicaine. Thomas Hirschhorn invite les habitants d'un quartier du Bronx à construire un monument en l'honneur du philosophe Antonio Gramsci. Une peau de cerf sur les épaules, Marcus Coates rencontre les résidents d'HLM à Londres et réalise une consultation spirituelle du lieu, en qualité de chaman.
    Ces pratiques artistiques contemporaines forment une nouvelle galaxie étrange, qu'on appellera ici art en commun. Il s'agit de créer dans l'espace social plutôt que dans l'atelier ; sur une longue durée et avec d'autres plutôt qu'en son for intérieur ; de façon collective plutôt que démiurgique. L'oeuvre n'est pas le fruit du travail de l'artiste seul, mais celui d'une collaboration en présence entre artiste et volontaires.
    Ce dispositif artistique bouleverse notre conception de l'art et nos catégories esthétiques. Mais il revêt aussi une dimension politique, en s'emparant des questions de participation et de communauté qui comptent parmi les enjeux les plus cruciaux des tentatives actuelles de vivification de la démocratie, comme de la reconfiguration de nos manières de vivre.
    Cet ouvrage propose d'interroger les liens entre participation en art et en politique dans le contexte démocratique et néolibéral qui est le nôtre. Et de penser comment l'art en commun peut contribuer à la réinvention des formes possibles du collectif.

  • Une anthologie de textes de philosophes, de théoriciens et d'historiens de l'art (Boehm, Mondzain, Nancy, Coccia, Alloa, Belting, Bredekamp, Mitchell, Rancière, Didi-Huberman) qui témoignent à la fois de l'incidence de la question de l'image, de sa logique spécifique et de la transformation du champ visuel dans les savoirs contemporains, et de la variété de ses approches conceptuelles, de la préhistoire à nos jours et dans différentes traditions de pensée.

  • Une science de l'expérience sensible prolongée par une théorie des atmosphères, aux origines de l'esthétique philosophique.
    L'esthétique ne commence pas par le beau, mais par l'aïsthésis. L'« aisthétique » a pour but de remonter aux origines de l'esthétique philosophique, conçue d'abord comme une science de l'expérience sensible, tout en prolongeant celle-ci en direction d'une théorie des atmosphères. Comment se sent-on et que perçoit-on lorsque l'on pénètre dans un espace chargé d'une certaine ambiance ? En donnant toute sa place à cet espace intermédiaire où les expériences affectives jouent un rôle considérable, la relation entre objet et sujet se trouve profondément retravaillée. Milieux naturels ou environnements artificiels, scénographies théâtrales, architectures ou design d'objet : les atmosphères sont ce qui fait naître les choses et offrent à l'être vivant un sentiment d'existence.

  • Catalogue de l'exposition mettant en vis-à-vis des grandes oeuvres de Gustave Courbet et des créations de l'artiste contemporain Yan Pei-Ming, à l'image de ce qu'il créa en 2009 au musée du Louvre avec ses « Funérailles de Mona Lisa » : Yan Pei-Ming propose une série d'oeuvres inédites spécialement créées pour le bicentenaire de la naissance de Courbet.
    Pour célébrer le Bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet, il fallait nécessairement, après avoir rappelé tout ce que l'art doit à la liberté esthétique que le peintre a su imposer en son temps, montrer combien il reste une référence pour les artistes d'aujourd'hui.
    C'est Yan Pei-Ming, peintre contemporain et internationalement reconnu, qui se confronte à une dizaine d'oeuvres majeures du maître d'Ornans. C'est d'ailleurs dans l'atelier de Courbet à Ornans que Yan Pei-Ming a réalisé les toiles qui viennent relever le défi d'un face-à-face.
    L'exposition Yan Pei-Ming face à Courbet s'attache à traduire les multiples connivences artistiques entre ces deux peintres à quelque six générations d'écart. Il y a dans la manière d'être et de peindre de Yan Pei-Ming bien des points communs avec Courbet, un geste large et sûr, une bataille livrée sur de grands formats et toujours une densité émotionnelle que l'artiste sait cacher sous son apparence sereine et joyeuse.

  • Le premier volume du recueil de textes de Nicolas Bourriaud, autour de la problématique du temps dans l'art, et de la manière dont le thème ou le motif du temps et de la durée traverse l'oeuvre de nombreux artistes, en relation avec la société, les publics et l'histoire.

    La critique d'art s'apparente plus que jamais à cette antique science qu'est la balistique. Dans un monde plus mouvant que jamais, elle calcule la trajectoire d'étranges objets catapultés dans la Cité, les oeuvres d'art. Elle explore leur parcours sinueux, cartographie les paysages qu'elles traversent. Elle est un discours trajectorial en son principe : à l'étude du mouvement décrit par l'oeuvre s'ajoute la description d'un itinéraire modèle, c'est-à-dire ce calque subjectif et conceptuel qui se surimpose, le temps d'un texte, aux formes de la production artistique : la théorie.
    Quelles que soient les circonstances qui président à l'écriture des préfaces et des articles que l'on dissémine ça et là, les mêmes traits surgissent pour former des figures similaires, comme la limaille de fer se reconfigure toujours en fonction du degré de puissance d'un aimant. Textes de commande ? Oui, si l'on considère que l'activité du critique consiste à répondre aux sollicitations. Autrement dit, comme le pensait Serge Daney, à renvoyer la balle après un service, au plus près possible d'une trajectoire gagnante - en tout cas ailleurs que dans les pieds de l'artiste. C'est déjà beau de renvoyer le projectile, à une époque où l'on se contente de faire du mur contre les images. Mais on ne doit pas toujours renvoyer de la même manière, il faut diversifier les coups, du lob au passing shot... Pour éveiller l'intérêt, il importe en premier lieu de surprendre l'envoyeur, de viser un coin du terrain où personne ne se trouve, chercher toujours l'angle imprenable.
    Ce premier tome regroupe des textes qui abordent la problématique du temps dans l'art. Tout d'abord en tant que thème central pour une génération d'artistes dont j'ai suivi le travail depuis mes débuts, à la toute fin des années 1980, puis comme un motif conceptuel, du temps réel de l'esthétique relationnelle aux bifurcations borgésiennes des artistes-archéologues, en passant par la grande synchronisation planétaire de ces dernières décennies.
    Le volume inclut des textes sur Charles Avery, Braco Dimitrijevic, Subodh Gupta, Bertrand Lavier, Pierre Huyghe, Melik Ohanian, Philippe Parreno, Matthew Ritchie, Franz West...

    Voir aussi Formes et trajets - Tome 2 : Topologies.

    Commissaire d'exposition, écrivain, critique d'art et théoricien mondialement connu notamment pour le concept d'esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud (né en 1965), co-fondateur et co-directeur, avec Jérôme Sans, du Palais de Tokyo à Paris de 2000 à 2006, co-fondateur des revues Documents sur l'art (1992-2000) et Perpendiculaire (1995-1998), a été conservateur pour l'art contemporain à la Tate Britain, professeur à l'université de Venise, chef de l'Inspection de la création artistique à la direction générale de la création artistique du ministère de la Culture, directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. Il dirige actuellement le centre de culture contemporaine la Panacée à Montpellier.

  • Winfried Georg Maximilian Sebald (1944-2001), auteur majeur des lettres allemandes contemporaines, reste encore méconnu de la critique littéraire française. Avec cet essai pionnier, Muriel Pic montre que Sebald, représentant le plus inventif de la théorie critique en littérature, s'appuie sur la pensée de Walter Benjamin pour fonder un matérialisme littéraire. Celui-ci s'impose comme la solution poétique et politique permettant de pallier un déficit des mémoires face à la destruction, et, en premier lieu, de la mémoire allemande. Écrivant dans sa langue maternelle depuis l'Angleterre, voué à l'errance mélancolique, Sebald travaille une prose de l'exil en suivant les traces de Chateaubriand, Stendhal, Kafka, Nabokov, ou Simon. Critique à l'endroit des canons de l'histoire positiviste, l'écrivain en refuse les représentations et désigne un autre lieu de vérité : les images.
    Dans cette prose documentaire où le regard suit les circonvolutions du temps, l'image papillon est l'image d'archive à partir de laquelle la littérature invente un récit et s'affirme comme le site d'une mémoire jusqu'alors refoulée. C'est à partir d'elle que s'élabore une histoire naturelle de la destruction : collectionnée et épinglée entre les pages d'un livre, dont elle fait un atlas de curiosités, elle acquiert une fonction allégorique et suscite une méditation sur la mort. Au fil de ces images, la narration mène l'enquête sur le passé en éprouvant l'efficacité poétique et épistémologique du paradigme indiciaire. Ses récits s'imposent comme une contribution majeure à une pratique littéraire en expansion : le montage.

  • Réunissant un important corpus d'oeuvres réalisées entre 1970 et aujourd'hui, cette publication analyse les enjeux historiques et actuels des féminismes, en proposant des regards croisés sur la discipline de l'histoire de l'art et sa construction, maintes fois interrogées.
    Les manifestations féministes sont notamment examinées à partir des pratiques qui persistent à faire résistance et qui obligent à revoir les normes sociales au moyen d'activisme, de mobilisation citoyenne et de communautés de partage. Ces contributions reprennent les modèles théoriques féministes, mais relèvent également des études culturelles, décoloniales et queer, cherchant à instruire de nouveaux savoirs.

  • Pourquoi avons-nous des réactions aussi viscérales face aux images ? Pourquoi leur conférons-nous un tel pouvoir ? Pourquoi faisons-nous comme si les images étaient vivantes, susceptibles de nous séduire, de nous agir d'une certaine manière et parfois même de nous égarer ?
    Pour W.J.T. Mitchell, l'une des figures majeures des visual studies aux États-Unis, il s'agit de comprendre que les images ne sont pas que des objets inertes charriant des significations, mais bien des êtres animés par des désirs, des besoins et des revendications. Brassant tour à tour les arts plastiques, la littérature et les médias de masse, Que veulent les images ? ouvre l'analyse visuelle aux icônes byzantines et aux films cyberpunk, aux stéréotypes raciaux et aux monuments publics, aux idoles anciennes et aux clones modernes, aux images blessantes et aux objets trouvés, à la photographie américaine et aux peintures aborigènes.
    En s'intéressant à la brebis clonée Dolly - qui réalise le rêve ancestral de créer une image vivante - ou à la destruction du World Trace Center le 11 septembre 2001, qui marque le retour d'une forme virulente d'iconoclasme dans le champ politique, W.J.T. Mitchell théorise le statut des images à l'ère de la reproductibilité biocybernétique, qui est désormais la nôtre. Ce faisant, il trace des perspectives radicalement nouvelles pour la tradition ancienne de l'iconologie.

  • Une typologie de l'effacement comme geste artistique au cours du XXe siècle.

    Effacer, dans le domaine artistique, est synonyme de correction ou de modification. Appelée communément « repentir », cette intervention exprime la maladresse voire la faute et qualifie l'oeuvre dans ce qu'elle a de faible et d'inadéquate. Dans le domaine de la politique ou de la publicité marchande, la pratique de l'effacement est indéniablement liée au mensonge et à la dissimulation. L'histoire, depuis des décennies, a présenté maints exemples de ces frauduleuses interventions qui ont pour but de corriger son cours. Transformer cette action, si fondamentalement négative, en une pratique susceptible de déboucher sur des ouvertures nouvelles, voilà ce à quoi, au cours du XXe siècle et aujourd'hui encore, les artistes ont abouti. En pratiquant l'effacement, c'est-à-dire en travaillant à rebours, ils ont su enrichir exemplairement la création artistique. Le geste historique de Robert Rauschenberg effaçant, en 1953, un dessin de Willem De Kooning, les propositions exemplaires de Marcel Broodthaers, Claudio Parmiggiani, Roman Opalka, Gerhard Richter croisent, celles plus récentes d'Hiroshi Sugimoto, d'Ann Hamilton, de Jochen Gerz, de Felix Gonzalez-Torres mais aussi celles des artistes de la génération actuelle comme Zhang Huan ou Estefanía Peñafiel Loaiza... Autant d'exemples qui invitent à reconsidérer ce geste paradoxal et à l'appréhender dorénavant comme une pratique véritablement artistique.

  • Un essai introductif sur l'art asilaire, depuis la belle époque jusqu'à la théorisation de l'art brut, suivi d'une réédition critique et augmentée de la célèbre étude de l'aliéniste français du début du XXe siècle Marcel Réja sur la production artistique chez les « fous ».

    Quand Jean Dubuffet cristallise l'art brut, André Breton rappelle la gêne croissante qu'avaient les aliénistes à s'accorder autour de l'art des fous. Cette quête - à la fois esthétique et médicale - trouve, autour du Musée de la folie du docteur Marie et du livre-phare de Marcel Réja, une réflexion nouvelle qui vient interroger le sens commun à propos des limites de l'art et de la folie, question qui va hanter le XXe siècle.
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    Professeur d'histoire de l'art contemporain à Paris-X Nanterre, Régent du Collège de 'Pataphysique (chaire d'Amôriographie littéraire, ethnographique et architecturale), Marc Décimo est linguiste, sémioticien et historien d'art. Il a publié un vingtaine de livres et de nombreux articles sur la sémiolologie du fantastique, sur les fous littéraires (Jean-Pierre Brisset - dont il a édité l'oeuvre complète aux Presses du réel -, Paul Tisseyre Ananké) et sur l'art brut, sur Marcel Duchamp (La bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-être, Marcel Duchamp mis à nu, Le Duchamp facile, les mémoires de Lydie Fischer Sarazin-Levassor, Marcel Duchamp et l'érotisme) et sur l'histoire et l'épistémologie de la linguistique.

    Voir aussi Marc Décimo & Tanka G. Tremblay.

  • Nouvelle monographie de Yan Pei-Ming, à l'occasion de sa grande exposition organisée pour la réouverture du Musée des beaux-arts de Dijon : une rétrospective des peintures et aquarelles de 2006 à 2019, structurée autour de la figure de la disparition et de la violence, et de la confrontation avec les oeuvres des maîtres du passé aussi bien qu'avec l'iconographie moderne, avec des essais de Franck Gautherot, David Liot, Xavier Douroux et Fabian Stech.

    Publié à l'occasion de l'expositon éponyme au Musée des beaux-arts de Dijon, du 17 mai au 24 août 2019.

  • Une étude transdisciplinaire de la représentation des végétaux et de leurs pouvoirs pour penser la question de l'animation, du cinéma, de la photographie et plus largement, celle de l'image, à l'ère de l'Anthropocène et dans le contexte du « tournant végétal » à l'oeuvre dans le domaine des sciences humaines aussi bien que de l'art contemporain.
    Même si les végétaux ont longtemps été considérés comme des êtres moins vivants que les animaux, leur capacité à produire des formes complexes et des couleurs variées en fait des objets privilégiés d'admiration et d'expérimentation. De nombreuses sociétés mettent d'ailleurs en scène, souvent dans des contextes rituels, des processus vitaux tels que la croissance et la floraison des plantes ou la longévité des arbres. Dans le prolongement de ce désir d'exposer des qualités visuelles et morphologiques, la photographie et le cinéma, par les effets de magnification et d'accélération qu'ils rendent possibles, aident les humains à mieux voir, concevoir et imaginer la vitalité à l'oeuvre dans le monde végétal.
    Fruit d'un dialogue pluridisciplinaire engagé entre des anthropologues, des philosophes et des spécialistes en études visuelles et cinématographiques, cet ouvrage explore la capacité des images à découvrir l'animation qui parcourt les végétaux et à faire apparaître de nouvelles formes d'animisme dans les sociétés modernes.

  • Deux entretiens dans lesquels Carmelo Bene expose sa méthode de travail et ses idées sur la télévision et ouvre une réflexion sur les liens entre avant-gardisme artistique et diffusion de masse.

    Au croisement des arts, l'oeuvre de Carmelo Bene - acteur, auteur et metteur en scène, pour le théâtre, le cinéma et la télévision, mais aussi romancier et poète - remet systématiquement en question le langage artistique avec lequel il s'exprime. Ni captations de spectacles théâtraux, ni adaptations cinématographiques, ses réalisations pour le petit écran explorent les possibilités techniques et esthétiques offertes par le médium télévisé.
    Ce volume réunit deux entretiens, respectivement avec les critiques Italo Moscati et Maurizio Grande, publiés au moment de la diffusion du Hamlet télévisé de Carmelo Bene (1978). L'artiste y expose sa méthode de travail et ses idées sur la télévision, ce « médium innocent aux possibilités puissantes, inexplorées ». Relues à l'ère d'Internet, ses réflexions invitent à penser les liens entre spectacle vivant et petit(s) écran(s), mais aussi entre nouveautés technologiques et recherche esthétique, entre avant-gardisme artistique et diffusion de masse.

  • Que serait une exposition qui, au lieu de prendre place dans un musée ou dans une galerie, prendrait place au cinéma ? (un projet de Mathieu Copeland).
    L'ouvrage L'Exposition d'un film fait suite à une exposition éponyme réunissant quarante-six artistes internationaux autour d'une même interrogation : que serait une exposition qui, au lieu de prendre place dans un musée ou dans une galerie, prendrait place au cinéma ? Une exposition prenant la forme d'un film présenté en salle de cinéma et contrainte par les propriétés intrinsèques de cet espace social, L'Exposition d'un film s'affirme à la fois comme un film exposé, le film d'une exposition ou encore comme une exposition filmée.
    Prolongeant le questionnement amorcé au travers de L'Exposition d'un film, l'ouvrage se donne pour ambition, à partir d'un ensemble d'entretiens, de textes de commande et de textes republiés pour l'occasion, de revenir sur le rapport entre l'exposition et le film : leurs temporalités, leurs espaces, ou encore leurs modes de productions.
    Contributions de Mac Adams, Chantal Akerman, Fia Backström, Darren Banks, Eva Barto, François Bovier, Olivier Castel, Philippe Decrauzat, Peter Downsbrough, Tim Etchells, Morgan Fisher, Liam Gillick, John Giorno, Lore Gablier, Philippe Grandrieux, Joanna Hogg, Isidore Isou, Christian Lebrat, Anne Marquez, Charles de Meaux, Claudia Mesch, Philippe-Alain Michaud, Meredith Monk, Charlotte Moth, Mai-Thu Perret, Lee Ranaldo, Denis Savary, Laurent Schmid, Leah Singer, Susan Stenger, Phoebe Unwin, Andrew V. Uroskie, Ben Vautier, Alan Vega, Jacques Villeglé, Lawrence Weiner, Apichatpong Weerasethakul, Ian White.

  • Un voyage hors des musées à la rencontre de l'« art des fous », du côté du bord des routes, des jardins et des arrière-cours d'Europe et d'Amérique ; un essai sur la naissance et le devenir de l'art brut.

    A partir des traditions médicale, littéraire et artistique qui, chacune selon leur point de vue, se préoccupaient de l'« art des fous », émerge la notion d'art « brut », telle que la définit Jean Dubuffet. A savoir, finalement, la possibilité de faire du résolument neuf dans les pratiques artistiques. Et de croiser, chemin faisant, Raymond Queneau, André Breton et... Marcel Duchamp.
    Si l'art « brut » trouve enfin place dans divers musées du monde et devient populaire, où aujourd'hui fuit cet art ? C'est ce à quoi se propose de répondre ce livre de façons diverses, explorant jardins et visitant le monde.

    « Comme d'autres partent en Abyssinie sur les traces d'Arthur Rimbaud, alors en quête de Jean-Pierre Brisset (...), mon expédition me porta en Basse-Normandie, vers ce Sahara et les steppes voisines, aux confins de l'Orne, de la Mayenne, de la Sarthe et de la Manche, dans cette région qui se nomme précisément le «Désert». J'y découvris mes premiers sites. » Marc Décimo poursuit son voyage du côté du bord des routes, des jardins, des recoins, des cours et arrière-cours d'Europe et d'Amérique, à la rencontre de la boîte aux lettres de Monsieur Zé, de l'enclos de Raymond Moralès, du village préhistorique de Cardo, des statutes animalières ou anthropomorphes dans le sud-ouest de la France, des souches d'André Morvan, de la rétrovélocyclette de Monsieuye X, de la soucoupe volante de Jean-Claude Ladrat, des perchoirs de Mortagne-au-Perche, des sculptures de roue d'Henry Stevens et des constructions mégalométalliques de Billy Trip.

    «?Un guide de voyage indispensable et un recueil de réflexions au plus haut point suggestif.?» Michel Arrivé, Boojum Nouvelle édition augmentée de l'ouvrage paru en 2007 (ISBN 978-2-84066-147-4).

  • Le miroir participe aux transformations de l'art contemporain en renouvelant les catégories esthétiques par-delà les genres et les médiums. L'ambition de cet ouvrage est d'interroger les fonctions du miroir dans notre culture visuelle, tout en donnant à penser notre coexistence avec l'Autre.

    Depuis qu'Alberti a déclaré en 1435 que le miroir est le juge de la peinture, le miroir plan s'est imposé comme un mode d'organisation du regard par le truchement de la perspectiva artificialis. Or, cette réflexion parfaite n'est plus de mise dans l'art du XXe siècle, en particulier depuis les années 1960. Les artistes comme Robert Morris, Robert Smithson, Michelangelo Pistoletto, Jeff Wall, Bill Viola, Yayoi Kusama, Larry Bell, Anish Kapoor, Vladimir Skoda, ou encore Carsten Höller, Jeppe Hein, David Altmejd, Olafur Eliasson, pour n'en citer que quelques uns, créent des surfaces et des dispositifs spéculaires qui font appel au vertige des sens. Leurs oeuvres témoignent d'une déréalisation du monde et d'une dépersonnalisation du sujet à travers des miroirs vides, fragmentés, déformés ou abyssaux... Le spectateur est invité à faire l'expérience du miroir qui n'est plus seulement à regarder sur le mode intimiste, mais sur le mode relationnel entre le corps, l'espace, la lumière et le temps.

  • Une anthologie réunissant un ensemble de textes de référence à l'approche contextualiste, dont chacun est commenté en introduction par un spécialiste de la question.

    L'art est dans le monde. Tout au long du XXe siècle, des historiens d'art ont voulu montrer la possibilité et la nécessité d'éclairer la production artistique par ses conditions matérielles, sociales, économiques, institutionnelles. Mais l'histoire de l'art elle-même est dans le monde. Elle est une histoire, mais elle a aussi sa ou ses histoires, et doit elle aussi être (re)lue et pratiquée à la lumière des contextes, divers, foisonnants, parfois instables, qui la situent et la justifient. Tel est le propos qui inspire cette anthologie.
    En deux volumes et trente-quatre textes, dont certains méconnus et/ou traduits pour la première fois en français, tous présentés et commentés par des historiens d'art d'aujourd'hui, l'ouvrage balaie chronologiquement le XXe siècle, de 1930 à 2000, entre Europe et Etats-Unis. De la Renaissance florentine à la photographie, de l'art des Pays-Bas à l'histoire des musées, des lectures marxistes aux gender studies, se dessine un panorama des formes et problèmes d'une histoire de l'art aux prises avec les sciences humaines, les batailles idéologiques et l'activité politique. Les commentaires contemporains démultiplient ce panorama, mettent cette histoire (ces histoires) en perspective, sans faire l'impasse sur les crises, les tensions, les apories, les silences même, qui l'ont ponctuée.

    Ce premier volume, qui va de 1930 au début des années 1970, contient des textes de Jacques Mesnil, Max Raphael, Francis Donald Klingender, Gisèle Freund, Meyer Schapiro, Anthony Blunt, Martin Wackernagel, Frederick Antal, Pierre Francastel, Arnold Hauser, Jan Gerrit Van Gelder, Herbert Read, Francis Haskell et John Berger, présentés et commentés respectivement par Michela Passini, Philippe Bordes, François-René Martin, Sophie Triquet, Jody Patterson, Maria Grazia Messina, Andreas Beyer, Paul Stirton, Johan Popelard, Andrew Hemingway, Michael Orwicz, Catherine Fraixe, Philippe Sénéchal et Dorothea Dietrich.

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