Gallimard

  • La panthère des neiges Nouv.

    «Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis six ans, dit Munier.Elle vit sur les plateaux. Il faut de longues approches pour l'apercevoir.J'y retourne cet hiver, viens avec moi.- Qui est-ce?- La panthère des neiges, dit-il.- Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.- C'est ce qu'elle fait croire.»

  • Just Kids

    Patti Smith

    C'était l'été de la mort de Coltrane, l'été de l'amour et des émeutes, quand une rencontre fortuite à Brooklyn guida deux jeunes gens dans la vie de bohème, sur la voie de l'art. Patti Smith et Robert Mapplethorpe avaient vingt ans ; elle deviendrait poète et performeuse, il serait photographe. À cette époque d'intense créativité, les univers de la poésie, du rock and roll et du sexe s'entrechoquent. Le couple fréquente la cour d'Andy Warhol, intègre au Chelsea Hotel une communauté d'artistes et de marginaux hauts en couleur, croise Allen Ginsberg, Janis Joplin, Lou Reed...
    Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 1960-1970. Avec pudeur et émotion, Patti Smith retrace l'ascension de deux gamins inséparables qui insufflèrent la même énergie à leur vie qu'à leur art.

  • Francois Truffaut, film par film Nouv.

    François Truffaut, l'un des visages les plus célèbres de la Nouvelle Vague, le père d'Antoine Doinel, «l'homme qui aimait les actrices»...Disparu à l'âge de cinquante-deux ans, le cinéaste a laissé une oeuvre d'une diversité remarquable, dans laquelle, pourtant, certains thèmes comme l'amour ou l'enfance réapparaissent de façon récurrente.Des Quatre Cents Coups au Dernier Métro en passant par Jules et Jim ou La Nuit américaine, il a fait tourner les plus grands - Moreau, Deneuve, Ardant, Léaud bien sûr, Belmondo, Depardieu ou encore Trintignant, pour n'en citer que quelques-uns.Ses réalisations sont émaillées de repères autobiographiques. Ainsi, en nous racontant l'histoire de chacun de ses vingt-cinq films, Christine Masson et Laurent Delmas nous parlent-ils aussi de l'homme François Truffaut, faisant un lien permanent entre sa vie et son oeuvre.Cet ouvrage richement illustré est préfacé par Arnaud Desplechin qui, dans un texte d'une rare sensibilité, rend un magnifique hommage au réalisateur.

  • Après le grand succès succès de l'exposition « Icônes de l'art moderne. La collection Chtchoukine » le Fondation Louis Vuitton présente du 24 février au 25 juillet 2021 « Icônes de l'art moderne. La collection Morozov ». Les frères Mikhaïl et Ivan Morozov, hommes d'affaire moscovites, ont constitué une collection extraordinaire d'oeuvres d'art moderne d'artistes tels Picasso, Matisse, Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Bonnard, Denis, Degas, ainsi que d'artistes russes (Vroubel, Chagall, Malevitch, Repine, Larionov, Serov...) Nationalisée lors de la révolution de 1917, la collection fut distribuée, après la Seconde Guerre mondiale, entre le musée de l'Ermitage (à Saint-Pétersbourg), le Musée des beaux- arts Pouchkine et la galerie Tretiakov (à Moscou). C'est grâce à la collaboration remarquable de ces musées russes que la Fondation Louis Vuitton présentera ces oeuvres. Il s'agit d'un événement artistique exceptionnel puisque jamais cet ensemble d'oeuvres n'a été présenté hors de Russie. Un dispositif spécial d'accueil du public sera mis en place dans la stricte application des recommandations sanitaires du gouvernement a?n de garantir la sécurité et la meilleure protection des visiteurs.

  • Le dernier des Camondo Nouv.

    La saga des Camondo, de l'Inquisition espagnole au génocide nazi, n'est pas seulement un récit historique retraçant l'épopée de ces grands seigneurs séfarades. C'est aussi une méditation sur la solitude d'un homme abandonné par sa femme, inconsolé de la mort de son fils, qui consacra sa vie et sa fortune à reconstituer au coeur de la plaine Monceau une demeure aristocratique du XVIIIe siècle, devenue le musée Nissim de Camondo.

  • Signac collectionneur Nouv.

    De Signac, on connaît les toiles colorées aux points minutieusement juxtaposés. On ignore davantage qu'il fut aussi un grand collectionneur, passionné et rigoureux.
    De Cézanne à Degas, de Pissarro à Seurat, de Luce à Matisse, les quelque 400 oeuvres qu'il a rassemblées racontent ses goûts et ses amitiés. Cet ouvrage en témoigne.

  • Marcher à Kerguelen

    François Garde

    Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l'absence de tout sentier, François Garde et ses trois compagnons, dont les photographes Bertrand Lesort et Michaël Charavin, ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l'océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe. Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l'auteur avait longtemps rêvé, l'a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l'itinérance, l'impossibilité de faire demi-tour n'empêchent pas l'esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivières, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette aventure.

  • Si À Rebours, grand roman de l'esthétique ?n-desiècle, af?rme le désir de briser les limites que s'imposait le naturalisme des années antérieures, ce « roman mental » n'en est pas moins truffé d'allusions et de références à l'époque. Son héros, Des Esseintes, s'est dépris des « peintres de la vie moderne ». Entendons Degas, Forain, Manet... Redon, Moreau, Rops et Whistler conviennent mieux à son nouvel idéal de vie. Au-delà des oeuvres et des artistes que le texte s'approprie à différents niveaux, d'autres présences, de la torture endiamantée aux ?eurs arti?cielles commandées sur catalogue, des locomotives érotisées aux virées nocturnes, reposent sur une iconographie d'époque, dont Huysmans était friand. En somme, il faut traiter À Rebours comme un imagier où l'auteur aurait déposé ses goûts et ses dégoûts, résumé son parcours esthétique et exprimer l'in?ation du visible dans le monde moderne. Un oeil, le sien.

  • Avec Bacon

    Franck Maubert

    «Francis Bacon incarne, plus que tout autre artiste, "la" peinture. Il est l'homme le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de connaître. Dans les années 1980, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. À Londres, tout d'abord, dans son atelier de South Kensington, puis en diverses occasions, lors de ses passages à Paris. Nous conversions aussi parfois au téléphone, tôt le matin. Il parlait en toute liberté, sans tabou, de tout et de choses sans importance. Bacon adorait parler, parler l'excitait.
    Je l'observais, l'enregistrais, prenais des notes, rien ne le gênait.
    Rendez-vous dans son atelier, dans les restaurants, les bars londoniens ou parisiens, de jour comme de nuit, à discuter, boire, manger, jouer : ce livre retrace ces moments rares partagés avec Bacon, joyeux nihiliste, et éclaire l'homme exquis qu'il fut, loin de sa réputation de "monstre"».
    Franck Maubert.

  • Des accumulations des tombeaux égyptiens ou chinois et des trésors royaux jusqu'à notre Louvre d'aujourd'hui, entre autres lieux, il faudra du temps pour que le musée trouve sa forme et sa fonction de conservation, d'étude et d'exposition des objets. Or, une histoire mondiale des musées, à la fois politique, sociale et culturelle, n'a encore jamais été écrite. La voici : Le Musée, une histoire mondiale, en trois tomes qui paraîtront sur deux ans.
    Le premier volume de cette monumentale entreprise, Du trésor au musée, part d'un passé éloigné pour arriver à la création de l'institution appelée "musée" , inventée en Italie à la fin du XV ? siècle, gagnant toute l'Europe au XVIII ? . Une histoire faite de dons et de marchandises, de vols et de pillages, de guerres et de diplomatie. Et aussi d'architecture, de manière de contempler et de manier les objets, de problèmes juridiques et d'organisation, avant les vastes débats d'exposition, d'éclairage, d'accrochage qui suivront.
    Une histoire d'art, mais aussi de commerce, de savoirs, de techniques. La richesse de l'illustration qui s'appuie sur un texte lumineux donneront envie à tout en chacun de retourner enfin dans ce "lieu bien étrange , comme le déclare Krzysztof Pomian en ouverture de son ouvrage : le musée.

  • « Il y a une figure qui apparaît et réapparaît tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels ; sa manière est intransigeante. Il propage l'hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d'une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d'excuses qu'il ne fera jamais. C'est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe ; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu'il laissera sur l'histoire, il est condamné à l'obscurité, qu'il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotten/John Lydon en est une version ; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype. » Greil Marcus.

  • Des accumulations des tombeaux égyptiens ou chinois et des trésors royaux jusqu'à notre Louvre d'aujourd'hui, entre autres lieux, il faudra du temps pour que le musée trouve sa forme et sa fonction de conservation, d'étude et d'exposition des objets. Or, une histoire mondiale des musées, à la fois politique, sociale et culturelle, n'a encore jamais été écrite. La voici : Le Musée, une histoire mondiale, en trois tomes qui paraîtront sur deux ans.
    Le premier volume de cette monumentale entreprise, Du trésor au musée, part d'un passé éloigné pour arriver à la création de l'institution appelée «musée», inventée en Italie à la fin du XVe siècle, gagnant toute l'Europe au XVIIIe. Une histoire faite de dons et de marchandises, de vols et de pillages, de guerres et de diplomatie. Et aussi d'architecture, de manière de contempler et de manier les objets, de problèmes juridiques et d'organisation, avant les vastes débats d'exposition, d'éclairage, d'accrochage qui suivront. Une histoire d'art, mais aussi de commerce, de savoirs, de techniques.
    La richesse de l'illustration qui s'appuie sur un texte lumineux donneront envie à tout en chacun de retourner enfin dans ce «lieu bien étrange , comme le déclare Krzysztof Pomian en ouverture de son ouvrage : le musée.

  • Salammbô

    Collectif

    « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. » La première phrase de Salammbô, roman de Gustave Flaubert publié en 1862, a marqué pour des générations de lecteurs le début d'une expérience unique. Dans une tentative démiurgique de restituer la cité perdue, l'écrivain met en scène les passions humaines et donne naissance à un tourbillon d'images et de sensations qui déchaîneront l'imaginaire des artistes de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours.
    Peintres, sculpteurs, photographes, musiciens, cinéastes, auteurs de bande dessinée : tous s'emparent de Salammbô pour transposer les mots que Flaubert ne voulait pourtant pas voir illustrés. A l'occasion du bicentenaire de la naissance de l'écrivain, cet ouvrage et l'exposition qu'il accompagne entreprennent de révéler la portée considérable de ce chef-doede la littérature moderne et son héritage dans l'histoire de la Méditerranée.

  • Nouv.

    On doit à Yves Michaud une analyse fondamentale de l'évolution contemporaine de l'Art.
    Dans le domaine des arts visuels qu'on appelle Art, nous sommes passés d'oeuvres (traditionnellement tableaux et sculptures) à des installations, des environnements, des dispositifs multimédias qui enveloppent le spectateur dans des expériences multi-sensorielles. Telle est la « vaporisation de l'art », son passage à l'état gazeux.
    La seconde évolution, que décrit cet ouvrage, « le triomphe de l'esthétique », c'est le mouvement d'esthétisation générale de nos milieux de vie.
    Il faut que tout soit « luxe, calme et volupté », plaisant, charmant, lisse, agréable, ou encore excitant, intéressant dans le registre couramment appelé « esthétique ».
    L'apparition au cours du XVIIIe siècle du concept d'esthétique fut indissociable du changement des expériences que donnaient les arts et de nouvelles formes de la sensibilité.
    Il en va de même aujourd'hui.
    L'expérience esthétique a changé : de frontale elle est devenue atmosphérique et se fait sous le signe du plaisir, du sensible et de l'éprouvé.
    Nous sommes en présence d'une révolution sensible qui rend indispensable une révolution dans « la théorie esthétique », mais la révolution de la sensibilité hyper-esthétique est encore plus importante que celle de la théorie.
    Le monde des atmosphères n'est plus celui de la perception esthétique.
    Le monde du Grand Art est mort et bien mort.

  • Qui connaît Archibald Leach ? Le gosse de Bristol abandonné par son père, qui commence comme acrobate dans une troupe de cirque, part seul émigrer aux Etats-Unis, adopte le pseudonyme de Cary Grant et devient rapidement la coqueluche d'Hollywood, et le restera pendant près de 40 ans. Dès le début de sa carrière, voulant briser l'image de sosie de Gary Cooper qu'on voit en lui, il rompt ses contrats avec les grosses sociétés de production (Paramount, RKO, Columbia Pictures) et devient le premier acteur indépendant. Il reprend le contrôle de sa carrière, choisit les films dans lesquels il tourne, donne son avis sur les réalisateurs pressentis par les studios et sur ses partenaires à l'écran. Il tiendra le premier rôle de 72 films ; et sera (avec James Stewart) l'un des acteurs fétiches d'Hitchcock. Mais derrière l'acteur génial se cache un homme anxieux, colérique, dépressif. Dans les années 1950 il connaît une grave crise existentielle, qui le mène à l'expérience du LSD, de l'hypnose, de la psychanalyse. Sa vie privée a toujours été à la fois surexposée et mystérieuse. Au début de sa carrière, et pendant 12 ans, il vit en colocation avec son meilleur ami, acteur comme lui, dans une grande maison à Malibu ; les rumeurs sur leur relation homosexuelle (interdite par le Code Hays) vont bon train, et poursuivront Cary Grant toute sa vie.Cary Grant incarne une "masculinité de papier glacé". Martine Reid démonte brillamment ce mythe, tout en nous racontant la passionnante histoire de l'un des plus grands acteurs du XXe siècle. Cary Grant n'a jamis pu coïncider avec lui-même : sa seule véritable identité, c'est celle de ce monde de fiction et de fantasmes qu'est le cinéma. Les zones d'ombre demeurent... et le mythe perdure.

  • Peintures françaises du XVIIe siècle du musée du Louvre Nouv.

    Pour les plus grands peintres français du Grand Siècle, Nicolas Poussin, Georges de La Tour, les frères Le Nain, Claude Lorrain, Charles Le Brun, Eustache Le Sueur, Valentin de Boulogne, Laurent de La Hyre ou Simon Vouet, le musée du Louvre est le point de départ obligé de toute étude. Le présent catalogue réunit la totalité de la collection de peintures françaises du XVIIe siècle du musée du Louvre, soit six cent vingt-six tableaux, avec des textes très détaillés pour les plus grands chefs-d'oeuvre, plus succincts pour les toiles d'un rang inférieur. Les reproductions sont elles aussi hiérarchisées, mettant en valeur les peintures les plus importantes, sans renoncer pour autant à l'exhaustivité. L'introduction présente l'histoire de cette collection exceptionnelle et de sa présentation au sein du palais, de la Grande Galerie en 1793 jusqu'aux salles Richelieu et Sully aujourd'hui.

  • L'histoire-caméra 2 fait suite, dix ans plus tard, à L'histoire-caméra. Le premier livre s'attachait au rapport étroit que le cinéma entretient avec l'histoire. Ce nouvel ouvrage s'intéresse au rapport que le cinéma entretient avec la mort.Deux fils se croisent sur ce thème général. Le premier est la mort proclamée du cinéma à chacun des bouleversements techniques du 7e Art : Louis Lumière qui prédisait la mort prochaine de cette invention quand elle allait au contraire conquérir les foules ; le passage du muet, le vrai cinéma, au parlant, l'apparition de la vidéo et celle, enfin, du numérique qui pourrait tuer l'intimité de la salle obscure par la multiplicité infinie des écrans.Le second thème est la mort intrinsèque du cinéma portée par son principe même de faire vivre les morts. C'est aussi la simultanéité du développement du cinéma avec les guerres mondiales et la violence de masse : comment filmer l'horreur ? Doit-on la montrer ? Jusqu'où aller ? Où s'arrêter ? « La morale est affaire de travellings », dit le réalisateur Luc Moullet, formule inversée par Godard : « Les travellings sont affaire de morale. »Ces questions ont obsédé tous les grands cinéastes du siècle dernier, allant jusqu'à engendrer un art spécial du montage illustré par les Gianikian, Harun Farocki et Andrei Ujica. Elles trouvent leur apogée avec la représentation de la Shoah, Pontecorvo la représentant dans Kapo et le jeune Jacques Rivette trouvant cette représentation « abjecte ». La discussion va trouver son aboutissement dans les points de vue opposés de Claude Lanzmann, l'auteur de Shoah, et de Jean-Luc Godard, dont on découvre ici que la hantise de la mort est au centre de son oeuvre. Godard est d'ailleurs le héros de la réflexion d'Antoine de Baecque dont il incarne la thèse : le cinéma meurt au moment de Éloge de l'amour et renaît avec Adieu au langage.

  • La mule que Leonardo tient par la bride trébuche, s'ébroue et souffle. Depuis qu'ils ont passé Lyon, la route est à la fois plus fréquentée et plus facile. Il n'empêche que deux mois de voyage ont fatigué les bêtes et les hommes aussi.
    « J'étais encore dans l'atelier de Verrocchio, à cette époque, commence Leonardo. Je m'en souviens comme si c'était hier... » D'Homère à Picasso et Lee Miller, de l'Antiquité au XXIe siècle, du Japon à l'Amérique en passant par l'Europe, vingt et un artistes vivent sous nos yeux un tournant dans leur existence, un moment décisif pour l'élaboration de leur oeuvre.

    Dans la lignée de son précédent ouvrage Vincent qu'on assassine, consacré aux deux dernières années de la vie de Van Gogh, l'auteur montre à travers ces nouvelles les plus grands créateurs aux prises avec les instants qui scellent leur destin.

  • TJe crois ´r la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le reve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est ´r sa conquete que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession.t Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXe siccle.

  • Dans une traduction extrêmement élégante d'andré beaujard, nous présentons au lecteur français un des plus beaux livres de la littérature japonaise, les notes de chevet de sei shônagon.
    Composées dans les premières années du xie siècle, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de heian, au moment où kyôto s'appelait heiankyô, c'est-à-dire " capitale de la paix ", par une dame d'honneur, sei shônagon, attachée à la princesse sadako, laquelle, mourut en l'an 1000, les notes de chevet appartiennent au genre sôshi, c'est-à-dire " écrits intimes ". avec les heures oisives de urabe kenkô et les notes de ma cabane de moine de kamo no chômei, les notes de chevet de sei shônagon proposent, sous forme de tableaux, de portraits, d'historiettes, de récits, une illustration du japon sous les fujiwara.
    Avec l'auteur du roman de genji, noble dame murasaki, sei shônagon est une des plus illustres parmi les grands écrivains féminins du japon. si l'auteur du roman de genji est constamment comparé, dans son pays, à la fleur du prunier, immaculée, blanche, un peu froide, sei shônagon est égalée à la fleur rose, plus émouvante, du cerisier. ceux qui liront, nombreux nous l'espérons pour eux, les notes de chevet sont assurés de découvrir un des plus beaux livres jamais écrits en langue japonaise, et qu'une introduction et des notes leur permettront de goûter dans le plus intime détail, y compris tous les jeux subtils sur les mots.

  • De la couleur

    Claude Romano

    Les couleurs existent-elles dans les choses ou n'ont-elles de réalité que dans notre regard ? Sont-elles matière ou idée ? Entretiennent-elles les unes avec les autres des rapports nécessaires ou sont-elles seulement connues de manière empirique ? Y a-t-il une logique de notre monde chromatique ? Pour répondre à ces questions, Claude Romano convoque l'optique, la physique, les neurosciences, la philosophie et la peinture.
    En retraversant certaines étapes décisives de la réflexion sur ces problèmes (de Descartes à Newton, de Goethe à Wittgenstein, de Schopenhauer à Merleau-Ponty), il développe une conception réaliste qui replace le phénomène de la couleur dans le monde de la vie et le conçoit comme mettant en jeu notre rapport à l'être en totalité : perceptif, émotionnel et esthétique. L'auteur fait ainsi dialoguer la réflexion théorique et la pratique artistique.
    C'est parce que la couleur touche à l'être même des choses, en révèle l'épaisseur sensible, que la peinture, qui fait d'elle son élément, est une opération de dévoilement.

  • Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, Antonin Artaud fait de la violence de Van Gogh la réponse à l'obscénité haineuse du monde et des psychiatres ; de sa folie, une réponse de l'âme à l'imbecillité universelle qui lui souffle « Vous délirez ». Alors Van Gogh s'est tué parce qu'il ne pouvait pas tuer le psychiatre, le docteur Gachet. Il s'est tué parce qu'il ne pouvait plus supporter ce « délire » qu'on attachait à ses pas.
    « Je vois à l'heure où j'écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli.
    Tout cela, au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain, preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait, par le fait même, un formidable musicien. »

  • Ces lettres incomparables - des récits, des aveux, des appels - sont nécessaires pour découvrir le vrai Van Gogh devenu mythe... Il n'est pas un peintre fou. Au contraire, solitaire, déchiré, malade, affamé, il ne cesse d'écrire, lucide, comme il traque la lumière.

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