Fayard

  • La solitude Caravage

    Yannick Haenel

    • Fayard
    • 20 Février 2019

    Dans un bel essai plongeant dans la vie du Caravage, Yannick Haenel interroge l'intériorité du plus grand des peintres. Comment peignait-il ? Que cherchait-il à travers ces scènes de crime, ces têtes coupées, cette couleur noire qui envahit peu à peu tous ses tableaux ?

    « Vers 15 ans, j'ai rencontré l'objet de mon désir. C'était dans un livre consacré à la peinture italienne : une femme vêtue d'un corsage blanc se dressait sur un fond noir ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d'une étoffe. » Ainsi commence ce récit d'apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l'absolu.
    À notre époque d'épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C'est une aventure des sens et une odyssée de l'esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie.

  • Munkey diaries ; 1957-1982

    Jane Birkin

    • Fayard
    • 3 Octobre 2018

    « J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche, gagné dans une tombola. Il a dormi à mes côtés, il a partagé ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses. Devant la dévastation de mes enfants, j'ai déposé Munkey dans les bras de Serge dans le cercueil où il reposait, tel un pharaon. Mon singe pour le protéger dans l'après-vie.
    En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, mais là, il n'y a que la mienne. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus sages que celles que j'ai eues... ».

    On croyait tout connaître de Jane Birkin, tant elle fait partie de notre histoire depuis cinquante ans, jusqu'à ce livre qui nous fait vivre une époque flamboyante, du Swinging London au Saint-Germain-des-Prés des années 70, et donne à lire le quotidien d'une grande amoureuse, désopilante et fantasque, et d'une artiste exceptionnelle.

    Un journal à la fois intime et universel.

     

  • Le 29 mai 1982, Romy Schneider s'est éteinte à l'âge de 43 ans. Que s'est-il passé la nuit de sa mort au 11, rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement de Paris ?
    Icône du cinéma français à la photogénie incroyable, que sait-on vraiment de Romy, de ses bonheurs, mais aussi de ses chagrins et de ses blessures, notamment depuis la mort de son fils quelques mois plus tôt ?
    Sarah Briand a marché dans ses pas, du chalet de son enfance à Berchtesgaden en Allemagne, près du nid d'aigle d'Adolf Hitler, jusqu'à l'appartement parisien où elle a passé ses dernières heures, pour nous livrer une série d'instantanés de ces moments intimes.
    Un portrait nourri de témoignages inédits d'amis, de réalisateurs, ses partenaires de cinéma et parfois de vie, comme celui qui fut son époux, Daniel Biasini, le père de sa fille Sarah, ou encore Alain Delon, qui rend pour la première fois, à la femme qu'il a aimée, un hommage exceptionnel.

  • Sénèque, philosophe latin né à Cordoue, a vécu entre le Ier siècle avant et le Ier siècle après Jésus-Christ. Il suit des études de réthorique et de philosophie à Rome mais est contraint à l'exil en 41 avant J.-C. À son retour à Rome, il devient le précepteur du jeune Néron et compose une satire excessivement mordante de sa société. Dans ces lettres, il s'adresse à son vieil ami Lucilius. D'origine modeste, Lucilius parvient, à force de mérites, au rang de chevalier, puis de procurateur de Sicile, au moment de sa correspondance avec Sénèque. Quoiqu'amis de longue date, Lucilius est plus jeune que Sénèque, il est donc tout à sa place dans son rôle de disciple. C'est durant les quelques mois précédant son suicide que Sénèque rédige cette correspondance sous la forme d'un recueil d'écrits moraux.

  • Sur un fil, entre deux immeubles, de l'aile d'un avion au toit d'une voiture ou d'un métro, Jean-Paul Belmondo a pris tous les risques. Des années plus tard, il en rit encore, l'oeil brillant. Ces éclats de rire tonitruants, il s'en est toujours servi pour garder ses secrets : sa vie, ses rencontres, sa famille, ses amours, ses joies immenses et ses peines les plus grandes.
    Jean-Paul Belmondo a aujourd'hui décidé de tout raconter. Son enfance marquée par la guerre, sa mère courage, l'atelier de son père, et ses premières amours.
    Il nous entraîne dans les pas dilettantes de son service militaire en Algérie. Il nous invite aux comptoirs de la rue Saint-Benoît, pour y faire les quatre cents coups avec ses copains de toujours, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Beaune, Pierre Vernier, Charles Gérard. Jean-Paul Belmondo se raconte ici pour la première fois, nous livrant la certitude que, oui, mille vies valent mieux qu'une.

  • Son unique priorité s'appelait la peinture : elle était son souffle, son sang. Quand Nicolas de Staël (1914-1955) se donna la mort, à quarante et un ans, il laissait plus de mille tableaux, autant de dessins, et l'énigme d'une vie menée au galop.

    Insolent et généreux, rusé et pur, Staël savait masquer sous des cascades de rire les failles d'une enfance brisée par la révolution russe de 1917 et les rigueurs d'un exil polonais. Aristocrate apatride et orphelin, il fut recueilli en Belgique, voyagea au Maroc, tout entier habité par la fureur de peindre.

    Derrière le grand artiste salué par son ami Georges Braque et par Marc Chagall ("il était innocent, il avait une force cosmique"), il faut découvrir les vertiges de ce météore mélancolique, son corps à corps avec la couleur, son combat singulier avec la matière, son refus hautain de toutes les écoles, qu'elles se réclament de l'abstraction ou de la figuration.

    La renaissance arriva des Etats-Unis, quand il eut trente neuf ans. Trop tôt ou trop tard. Il s'était déjà réfugié en Provence, aveuglé de lumière, écrasé de gloire, fraternisant avec René Char et brûlant sa vie, obsédé par les hautes figures de Paolo Uccello et de Hercules Seghers. Sa morale tenait en quelques mots : "il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience." Voici la chevauchée de ce prince foudroyé.

    Journaliste au Monde, Laurent Greilsamer a consacré sa première biographie à Hubert Beuve-Méry, parue en 1990 chez Fayard. Il a notamment publié aux mêmes éditions, en collaboration avec Daniel Schneidermann, Un certain Monsieur Paul : l'affaire Touvier (1989) et Les Juges parlent (1992).

  • La légende fait de Modigliani un peintre maudit, pauvre, incompris, caractériel, ravagé par le tourment, l'alcool et les drogues. Un être désespéré qui se serait suicidé par négligence. 
    Pour la première fois, ses lettres se trouvent réunies. Les lire ensemble, les mettre en rapport permet de découvrir un autre Modigliani. Un artiste joyeux, travailleur, animé d'une discrète mais solide foi en ses moyens, qui sait qu'il trace sa voie, et que cette voie est nouvelle.

  • « Lorsque j'étais enfant, j'apprenais la théorie musicale" dans de petits manuels (je ne sais pas s'ils existent encore) partagés en deux : le livret vert des questions et celui rouge des réponses. La première leçon de la première année était la suivante : Qu'est-ce que la musique ?" ; et sur le livret rouge, il était écrit : La musique est l'art des sons". Quel ne fut pas mon éblouissement, à l'âge de huit ans, en découvrant cette définition. Je ne sais pas si ce fut mon entrée dans la théorie musicale", mais je crois que ce fut mon entrée en philosophie. Il y avait dans cet énoncé tout le pouvoir magique des formules définitionnelles. Elle concentrait en quelques mots simples le mystère des choses impalpables. Je n'ai guère changé d'opinion : la musique est bien l'art des sons. »De cette définition banale, « la musique est l'art des sons », ce livre tire toutes les conséquences jusqu'aux plus éloignées. Chemin faisant, il répond aux questions que nous nous posons sur la musique et sur les arts. Pourquoi, partout où il y a de l'humanité, y a-t-il de la musique ? Pourquoi la musique nous fait-elle danser ? Et pourquoi nous émeut-elle parfois ? Qu'exprime la musique pure ? Représente-t-elle quelque chose ? Et qu'est-ce que la beauté ? Est-elle dans les choses ou en nous ? Pourquoi tous les êtres humains font-ils des images, des récits, des musiques ? Que nous disent du monde réel ces mondes imaginaires ?
    Les questions les plus simples sont souvent les plus profondes. Aucun livre sur la musique ou sur les arts ne les pose avec cette tranquillité et cette originalité.Francis Wolff est philosophe, professeur à l'École normale supérieure (Paris). Il est notamment l'auteur de Socrate (PUF, 2000), Dire le monde (PUF, 2004), Philosophie de la corrida (Fayard, 2007) et Notre humanité (Fayard, 2010). Il a consacré une part importante de son enseignement à la musique.

  • Les débuts de l'opéra en France, de sa fondation par Louis XIV à ses développements jusqu'à la Révolution. De la tragédie lyrique, genre spectaculaire qui s'impose au monde musical, à l'apparition de nouveaux genres : l'opéra-comique, qui se développera au XIXe siècle.
    Menée par Hervé Lacombe, une équipe pluridisciplinaire passe en revue tous les aspects de l'opéra français à ses débuts, et montre comment se constitue une véritable culture lyrique.
    Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, l'opéra reflète et concentre son époque. Il est tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique protéiforme, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Dans l'histoire de ce genre totalisant, le répertoire français occupe une place à part, fortement déterminée par son lien avec l'État, depuis son institutionnalisation par Louis XIV, qui consacra la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution. Né au XVIIe siècle, tout à la fois en s'inspirant et en se démarquant de l'opéra italien, l'opéra français s'inscrit dans un contexte social et artistique spécifique, dont la culture de la danse est l'une des données fondamentales. La période qui s'ouvre avec le Roi-Soleil trouve son terme dans l'écroulement de l'Ancien Régime durant la Révolution. Entre-temps, le genre a infiltré toute la vie musicale, a proliféré jusque dans les colonies. Il s'est ramifié sous diverses formes, dont l'opéra-comique est l'une des plus originales. Derrière quelques noms restés célèbres, comme Lully et Rameau, Grétry et Gluck, c'est une multitude d'auteurs qu'il nous faut redécouvrir. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses productions.
    Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de près de deux cents auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.

  • Plus jamais je ne rentrerai en scène.  Je ne chanterai jamais plus...  Un soir de 1993, au Châtelet, mon coeur, trop lourd de tant l'émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l'interminable espace de quelques secondes où personne, j'en suis sûre, ne s'est aperçu de rien, mon corps a refusé d'obéir à un cerveau qui, d'ailleurs, ne commandait plus rien.  J'ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.  J'ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement...  Durant deux ans, j'ai fait le deuil d'une partie de ma vie qui venait brusquement de se terminer.  Écrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue." BARBARA, 27 avril 1997 

  • Reynaldo Hahn

    Philippe Blay

    • Fayard
    • 5 Mai 2021

    Très éloigné d'ouvrages superficiels, mettant en valeur le milieu littéraire et mondain dans lequel évoluait Reynaldo Hahn, cet ouvrage rend pleinement justice à une personnalité notable de la vie musicale en France, compositeur éclectique aux activités multiples, qui a oeuvré au tournant de deux siècles.
    Reynaldo Hahn (1874-1947) est longtemps demeuré attaché à la seule figure d'un musicien mondain, compositeur précoce fêté dès son enfance dans les salons parisiens. La postérité de ce spirituel et distingué Vénézuélien d'origine juive allemande, affectionné et admiré de Massenet et d'Alphonse Daudet, ne semblait pouvoir dépasser son affinité première avec la poésie de Verlaine, sa relation amoureuse avec Marcel Proust et sa fervente amitié pour Sarah Bernhardt. Incarnation immuable de la Belle Époque, il était rivé à quelques mélodies à succès et une opérette célèbre, Ciboulette, qui l'érigeait en nouvel André Messager.
    Aujourd'hui pourtant, la musique de Reynaldo Hahn séduit une nouvelle génération d'interprètes et sa stature est reconsidérée, notamment en ce qui se rapporte à ses échanges intellectuels et esthétiques avec Proust. Cette biographie se propose, en revenant aux sources - dont son journal inédit - et en ne s'aliénant pas aux clichés, de retrouver l'artiste sous le personnage. Autrement dit le créateur d'une oeuvre multiple, riche de bien d'autres poèmes vocaux et ouvrages lyriques que ceux toujours entendus, où le ballet côtoie l'oratorio et le quatuor à cordes. Certaines oeuvres, comme Sagesse ou La Corsaire, sont étudiées ici pour la première fois. On découvrira également un interprète d'exception et un homme de lettres accompli, chanteur-né, chef d'orchestre et directeur musical de grande envergure, critique musical influent et alerte conférencier.
    Restait à faire apparaître sous le plastron du contempteur brillant d'une modernité de commande, acteur incontournable de la vie musicale de l'entre-deux-guerres et parangon incontesté de l'esprit français le plus piquant, un être voué à l'art s'exprimant par nécessité intérieure. Fidèle à une conception non progressiste de la beauté et meurtri face à une époque d'intenses mutations qui ne lui correspondait pas, Reynaldo Hahn s'est voulu à la fois un éclectique et un classique.

  • Charlie Parker

    Franck Médioni

    • Fayard
    • 12 Février 2020

    Une biographie de la figure centrale du bebop, le saxophoniste Charlie Parker.

    « Le jazz ? C'est quatre mots, dit Miles Davis. Louis - Armstrong - Charlie - Parker. » Parker incarne le jazz dans sa liberté, son invention, ses beautés. Le saxophoniste alto originaire de Kansas City exerce une influence déterminante sur le jazz tel qu'on le connaît depuis ces 60 dernières années. Il innove sur tous les plans: le découpage rythmique, l'audace harmonique, l'invention mélodique. C'est un musicien en liberté, donc excessif, marginal, au parcours musical fulgurant (seulement vingt ans, de 1935 à 1955), troué d'envolées sublimes et de descentes aux enfers abyssales. Il est la figure centrale d'une révolution. L'éruption du bebop, son irruption fracassante dans les années 1940 à New York, est le grand tournant de l'histoire du jazz.

    Cette biographie est non seulement le livre le plus complet sur Charlie Parker publié en France (témoignages de musiciens : Sonny Rollins, Ornette Coleman, Joe Lovano, Steve Coleman, Martial Solal, Michel Portal ; un cahier photos), c'est aussi le récit précis de cette aventure musicale qui a défrayé la chronique et fait rupture dans l'histoire de la musique noire-américaine : le bebop.

  • Second et dernier volume du journal intime de Jane Birkin après le retentissement du premier volume, Munkey diaries (1957-1982).
    « Post-scriptum, c'est le démarrage d'une autre vie. C'est le début de ma vie avec Lou... de mon union avec Jacques Doillon... Kate qui était enfant dans le premier tome est maintenant teenager, Charlotte a neuf ans...
    C'est une autre ouverture, une autre balade, plus curieuse des autres, découvrant une trajectoire, des concerts, des tournées, des pièces de théâtre, voyageant, parfois m'attachant à des personnes qui n'étaient pas seulement mes parents, ma soeur Linda, mon frère Andrew, les enfants... Mais l'amour est toujours l'amour, peut-être même qu'il y en avait un autre dans cette vie vieillissante, dans mon cas solitaire, accompagnée par mes amis... Il me semble que j'ai plutôt navigué dans un optimisme absolument infondé. J'ai cessé d'écrire ce journal à Besançon le 11/12/13... en apprenant la mort de Kate... » Après les Munkey Diaries, qui retraçaient la vie de Jane Birkin de 1957 à 1982, ce second volume de son journal intime, débutant après sa séparation d'avec Serge Gainsbourg, traverse les années 1980 à 2000 avec une fantaisie et une grâce qui lui permettent de surmonter bien des épreuves. On retrouve avec bonheur une mère dévorée d'amour pour ses trois filles qui s'émancipent et entrent dans l'âge adulte, une amoureuse tiraillée entre passion, jalousie et nostalgie, une artiste engagée qui s'épanouit et enchante le monde entier.

  • L'opéra, art totalisant, le genre privilégié de la rencontre entre les expressions artistiques : poésie, théâtre, musique, costumes et décors, chant et parfois danse. L'opéra français, créé sur décision royale, est également fortement marqué par ses implications politiques.
    Menée par Hervé Lacombe, une équipe pluridisciplinaire passe en revue tous les aspects de l'opéra français au XIXe siècle, époque de son triomphe et de son rayonnement esthétique et social.
    L'opéra français est déterminé par son caractère d'institution d'État, depuis sa création par Louis XIV, qui consacra le genre de la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution.
    Le XIXe siècle est en France l'ère du piano, des virtuoses, des concerts symphoniques, de la presse musicale, de la mélodie et des salons, mais, plus que tout, il est le temps de l'opéra. À Paris, en province et dans les colonies, sous sa forme spectaculaire ou par ses innombrables arrangements, ce genre déjà plus que séculaire demeure l'objet d'attentions particulières des pouvoirs qui se succèdent, du Consulat aux débuts de la IIIe république. Il continue à se ramifier, avec l'opérette et l'opéra de salon, s'enrichit d'apports étrangers, de Rossini à Wagner, devient le centre de toute l'activité musicale et infiltre les diverses couches de la société. L'opéra est donc tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, il reflète et concentre son époque.
    Outre quelques titres mondialement connus -- Carmen et Faust, Manon et Orphée aux enfers... --, ce sont des centaines d'oeuvres que ce siècle a créées. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc, pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses institutions, ses salles, ses pratiques, ses thèmes, ses productions...

    Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de plus de cent cinquante auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.

  • Faut-il encore présenter Claude Monet (Paris, 1840 - Giverny, 1926), l'Impressionniste à la plus grande longévité ? ou Giverny, sa demeure devenue musée, qui ne compte plus le nombre de visiteurs qu'elle accueille chaque année ? C'est bien par Giverny, et les Nymphéas (choisis au hasard sur un catalogue), ce jardin devenu oeuvre d'art avant même d'être transposé sur la toile, que débute et se conclut ce long entretien. « J'ai mis du temps à comprendre mes nymphéas, confie-t-il, et puis tout d'un coup j'ai eu la révélation des féeries de mon étang. J'ai pris ma palette. Depuis ce temps je n'ai guère d'autre modèle. » Monet parle de ses maîtres à l'occasion de ses rencontres, de ses visites au musée (Louvre, Prado), des marchands (de Latouche à Durand-Ruel) ou des critiques d'art (Mirbeau) qui l'ont soutenu dans sa carrière, sans négliger quelques hommages à la cuisine - le homard de Bretagne- ainsi qu'aux bons vins. Marc Elder, conservateur du musée des Beaux Arts de Nantes, rend visite à Monet qu'il admire en 1921 à Giverny. L'entretien débute par l'évocation de son sujet, les nymphéas. Cet entretien avait paru chez Bernheim-Jeune en 1924. J.-P. Morel, qui réalise cette édition, a fait suivre le texte de l'entretien avec Marc Elder d'une interview réalisée par François Thiébault-Sisson en 1900, qui retrace la formation du jeune Monet jusqu'à la Commune.

  • Balzac, jeune romancier tirant le diable par la queue, ne peut mener la vie selon le train qu'il souhaiterait. Sous peudonyme, il publie roman sur roman, écrit traités et feuilletons dans la presse. Ainsi, en 1830, donne-t-il au journal La Mode son Traité de la vie élégante. À l'heure de l'avènement de la bourgeoisie d'affaires, dans les premiers temps du règne de Louis-Philippe, il n'échappe pas à Balzac qu'une nouvelle société est en train de se former, qui cherche à se donner des codes de reconnaissance.
    En fin philosophe, il étudie les règles qui régissent la vie de la nouvelle classe dominante et définit l'esprit qui bientôt fera toute la réputation de l'élégance parisienne...

  • Le mystère Lagerfeld

    Laurent Allen-Caron

    • Fayard
    • 6 Février 2019

    Son apparence et sa vie fascinent, intriguent. Karl Lagerfeld, le kaiser des podiums, le parrain de la mode s'est toujours dissimulé derrière des masques. Son mystère s'épaissit quand on croit le saisir. Lui-même le reconnaît  : «  Je souhaite être une apparition. Ça apparaît, ça disparaît.  » Mais qui se cache vraiment derrière les lunettes noiresles plus célèbres du monde  ? Quelle est l'Histoire et le passé de cet homme qui ne voudrait vivre que dans le présent  ?
    Laurent Allen-Caron a rencontré les témoins de l'ombre. Ceux qui ont bien voulu parler et retracer l'étonnant parcours d'un enfant allemand pour qui Paris représentait un rêve et une ambition.
    Journaliste à France  2, Laurent Allen-Caron est l'auteur et le réalisateur d'une dizaine de documentaires pour l'émission de Laurent Delahousse Un jour, un destin, dont celui consacré à Karl Lagerfeld, «  Être et paraître  ».
     

  • Au coeur de l'orchestre

    Christian Merlin

    • Fayard
    • 15 Février 2012

    L´orchestre, comment ça marche ? Quels sont les rouages de cette étrange communauté humaine et musicale ? On la perçoit comme une masse indifférenciée, sous le nom d´Orchestre Philharmonique de Berlin ou d´Orchestre de Paris. Mais on oublie trop souvent qu´il s´agit d´une réunion d´individualités. Qui sont ces musiciens d´orchestre, ces anonymes, ces sans-grade dont on oublie qu´ils sont de grands musiciens ? Ils sont un paradoxe vivant : artistes mais aussi salariés, interprètes mais aussi exécutants, aristocrates mais aussi prolétaires. Est-ce par vocation ou par défaut qu´ils font ce métier ? Qui se soumet pendant ses études à l´excellence et à la compétition pour finalement fondre son talent dans un groupe ? Comment s´organise cette communauté fortement structurée et hiérarchisée : solistes et musiciens du rang, cordes et vents, c´est une vraie micro-société. Avec en point culminant le rapport au chef d´orchestre : rapport de pouvoir ou de confiance ? Si un chef peut se montrer despotique, un orchestre peut facilement dévorer un chef tout cru. L´orchestre peut être le paradis ou l´enfer, il peut se comporter comme une classe de sixième ou s´élever jusqu´à la transcendance. Ses membres sont des êtres humains, avec leurs forces, leurs travers, leurs diversités, mais lorsqu´ils communient pour le même objectif, l´orchestre devient la plus magique des inventions.

  • Degas

    Henri Loyrette

    • Fayard
    • 16 Janvier 1991

    La longue vie de degas (1834-1917), son imposante carrière (plus de cinquante années d'incessante création artistique) ne peuvent se comparer qu'à celles, au même moment, de monet et renoir. mais une vie plus secrète, moins publique, plus riche d'amitiés imprévues, de rencontres inattendues. degas est resté secret, se méfiant de ce que l'on pourrait dire ou écrire sur lui, soucieux de protéger tout ce qui était vie privée, souhaitant à la fois " être illustre et inconnu ". l'existence retirée, le mystère dont il s'entoure volontiers (opinions politiques, relations sexuelles ou amoureuses), mais aussi l'incontestable notoriété dont, très tôt, il jouit _ dès les années 1860, alors qu'il est encore inconnu du " grand public " _, la férocité de ses mots, la présence incongrue de cet artiste volontiers réactionnaire dans un milieu d'avant-garde, font l'attrait et la particularité de sa biographie.

    Car cette longue destinée apparaît, grâce à de nouvelles sources d'archives, de nombreux documents inédits, aussi riche et finalement aventureuse que celles, manifestement plus tumultueuses, d'un van gogh ou d'un gauguin.

    Ancien pensionnaire de l'académie de france à rome, henri loyrette est conservateur en chef au musée d'orsay. auteur d'un ouvrage sur gustave eiffel et de nombreuses études sur l'art français du xixe siècle, il a été notamment le commissaire de l'exposition degas e l'italia (rome, villa médicis, 1984-1985) et le commissaire français de la rétrospective degas (paris, ottawa, new york, 1988-1989).

  • Autobiographie du chanteur français, depuis son enfance sous les bombes, ses débuts à 14 ans aux côtés de Sidney Bechet, son entrée au cours Simon, la guerre d'Algérie, le théâtre expérimental, les années hippies, puis rock...

  • L'inauguration le 4 octobre 2019 dans les jardins des Champs Élysées de la sculpture Bouquet of Tulips offerte par Jeff Koons à la ville de Paris avait suscité de vives polémiques. La question qu'elle pose est celle de l'art dans la ville, de la touristification et de l'enlaidissement au nom de la quête de la beauté, du bien-être et du confort. Au moment où se préparent des élections municipales, il est temps de réfléchir à ces enjeux, fût-ce de manière provocante.
    L'inauguration, le 4 octobre 2019, dans les jardins des Champs Élysées à Paris, de la sculpture Bouquet of Tulips « offerte » par l'artiste américain Jeff Koons à la France en hommage aux victimes des attentats terroristes de 2015 a attisé des polémiques mêlant art, spéculation, décision politique et choix esthétiques.
    Les qualités esthétiques de ce monument ne sont pas l'objet de ce livre - bien que ces « tulipes » ressemblent plutôt à des objets sexuels qu'on n'a l'habitude ni de montrer ni de nommer.
    Il s'agit surtout d'analyser ce dont il est révélateur, la manière dont l'opération s'est déroulée, ce qu'elle nous apprend sur la politique culturelle et l'art contemporains, sur les modes de décision et les intérêts en jeu. Enfin, sur les conceptions actuelles de la ville et, pour le dire sans fard, son enlaidissement systématique.
    La question plus générale que pose l'affaire des « tulipes » est en effet celle de l'art dans la ville, celle de la touristification et enfin de l'enlaidissement au nom de la quête de la beauté, du bien-être et du confort. Nos villes (et tout particulièrement Paris) sont devenues des dépotoirs où se mêlent mobiliers urbains plus ou moins design, « oeuvres d'art », panneaux, équipements et aménagements en tous genres.
    Il est temps de réfléchir à ces enjeux, fût-ce de manière provocante.

  • D'une conception ouverte et neuve, abondamment illustré (plus de 500 exemples musicaux, tableaux et schémas), le Guide de la théorie de la musique est amené à occuper une place centrale dans la pratique musicale du XXe siècle.

    Son premier volet expose de manière claire et concise les notions indispensables à la compréhension de la musique (notes, durées, rythmes, gammes, accords, tonalités, modulations, modes, nuances, ornements...) et offre enfin droit de cité à de nombreux thèmes moins souvent abordés comme les musiques du xxe siècle, le jazz, l'informatique musicale, la notation ancienne, l'histoire de la pensée harmonique ou l'évolution des tempéraments...

    Sans omettre les traditions musicales non occidentales, le Guide des « théoriciens » présente dans un second volet pour la première fois sous une forme chronologique les très nombreux auteurs ayant contribué au développement du langage et de la pratique musicale au cours des siècles, qu'ils soient théoriciens, compositeurs, célèbres, anonymes, voire mythiques.

    Enfin, un inventaire du vocabulaire essentiel et un ensemble de tableaux pratiques synthétisent les réponses aux interrogations les plus fréquentes : chronologie, terminologie, modes, chiffrages, sons harmoniques, neumes, conventions des octaves, rythmes de danse...; tandis que de nombreux index, comme l'index visuel reliant les symboles solfégiques courants aux notions étudiées, permettent un accès rapide aux différentes informations, encourageant la brève consultation autant que l'étude approfondie.

    Irremplaçable outil de travail combinant pédagogie, encyclopédie et synthèse, ce guide s'adresse autant aux mélomanes qu'aux élèves de conservatoires, aux étudiants ou aux chercheurs.

    Auteur et concepteur du Guide de la théorie de la musique, Claude Abromont est premier prix d'analyse musicale du Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il enseigne l'analyse instrumentiste. Auteur de publications dans plusieurs revues spécialisées, il est également professeur de culture musicale au CNR de Dijon.

    Auteur du volet Guide des « théoriciens », Eugène de Montalembert est titulaire du DNESM de composition du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon. Il enseigne la culture musicale aux ENM de Bourg-La-Reine/Sceaux, Pantin et Yerres, tout en intervenant dans le cadre de nombreuses formations.

  • "Noa Noa" signifie "parfumé" en tahitien. Dans ce journal, tenu par Paul Gauguin (1848-1903) lors de son premier séjour polynésien, éclate à chaque ligne l'émerveillement devant la nature, l'amour de la civilisation menacée des Maoris, la sensualité que lui inspire Tehura, sa jeune fiancée : "je suis embaumé d'elle:".

  • Roman par Polanski

    Roman Polanski

    • Fayard
    • 13 Avril 2016

    L'autobiographie du réalisateur, initialement éditée en 1984, relate son parcours de Cracovie à Hollywood, en passant par Paris, Londres et Rome, son enfance dans la Pologne nazie, ses débuts dans la comédie, ses études de cinéma, l'assassinat de Sharon Tate ou encore son arrestation pour détournement de mineure.

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