• Un manuel de résistance à l'intention des nouvelles générations. Que dire à des jeunes de vingt ans pour leur conduite dans ce monde qui part à la dérive ? La civilisation s'effondre, les valeurs s'inversent, la culture se rétrécit comme une peau de chagrin, les livres comptent moins que les écrans, l'école n'apprend plus à penser mais à obéir au politiquement correct, la famille explosée, décomposée, recomposée se retrouve souvent composée d'ayants droit égotistes et narcissiques.
    De nouveaux repères surgissent, qui contredisent les anciens : le racisme revient sous forme de racialisme, la phallocratie sous prétexte de néo-féminisme, l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, le fascisme sous des allures de progressisme, le nihilisme sous les atours de la modernité, l'antispécisme et le transhumanisme passent pour des humanismes alors que l'un et l'autre travaillent à la mort de l'homme, l'écologisme se pare des plumes anticapitalistes bien qu'il soit le navire amiral du capital - il y a de quoi perdre pied.
    J'ai rédigé une série de lettres à cette jeune génération pour lui raconter les racines culturelles de notre époque : elles ont pour sujet la moraline, le néo-féminisme, le décolonialisme, l'islamo-gauchisme, l'antifascisme, la déresponsabilisation, la créolisation, l'antisémitisme, l'écologisme, l'art contemporain, le transhumanisme, l'antispécisme.
    L'une d'elles explique en quoi consiste l'art d'être français : d'abord ne pas être dupe, ensuite porter haut l'héritage du libre examen de Montaigne, du rationalisme de Descartes, de l'hédonisme de Rabelais, de l'ironie de Voltaire, de l'esprit de finesse de Marivaux, de la politique de Hugo.

  • Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine - et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.M. O.

  • A contre-courant des idées dominantes, Jean-Marie Rouart fustige les illusions de la laïcité érigée en dogme protecteur face à l'islamisme.
    L'islam n'est-il pas d'une certaine façon le révélateur de nos failles et de la fragilité de notre assise morale et philosophique ? À contre-courant de ceux qui se contentent de s'abriter derrière le laïcisme ou le séparatisme pour faire face à la montée de l'islam, Jean-Marie Rouart s'interroge sur nos propres responsabilités dans cette dérive. Ne sommes-nous pas aveuglés par ce que nous sommes devenus ? Consommateurs compulsifs, drogués par un matérialisme sans frein ni horizon, s'acheminant vers une forme de barbarie moderne, ne mésestimons-nous pas nos carences culturelles et nos faiblesses spirituelles ?
    C'est moins l'essor de l'islam que l'auteur stigmatise que l'abandon de notre propre modèle de civilisation. Pour lui le véritable défi à relever n'est pas seulement d'ordre religieux, c'est notre civilisation qui est en cause. Rappelant que notre nation s'est constituée autour d'un État, du Livre, de la littérature et d'une religion porteuse de valeurs universelles, il rappelle l'importance de ces piliers de la civilisation chrétienne pour faire contrepoids à d'autres modèles et préserver notre identité. À ses yeux, ce qu'il appelle la " mystique laïcarde " n'est qu'une illusoire ligne Maginot contre l'islam. L'athéisme, si respectable soit-il, reste impuissant à remplacer la croyance.
    C'est le livre d'un " chrétien déchiré " qui a du mal à se reconnaître, comme beaucoup, dans l'Église de l'après-Vatican II. Jean-Marie Rouart refuse de s'avouer vaincu : il s'interroge sur les moyens de conjurer le déclin d'une civilisation d'inspiration chrétienne menacée autant par l'islam que par elle-même.

  • Anthropologie de l'inceste
    Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français.
    À la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres.
    Préface de Charlotte Pudlowski

  • Quarante acteurs de la vie civile, hauts fonctionnaires, responsables politiques, tous de moins de 40 ans, appellent, à un moment crucial de la vie politique nationale, à la construction d'un nouveau destin français pour la décennie qui s'ouvre. " Notre génération, née avec la chute du Mur de Berlin, fait face au retour du tragique. Du réchauffement climatique à la pandémie actuelle, des attentats terroristes à la menace de l'extrême droite, elle ne peut rester spectatrice des catastrophes qui s'accumulent.
    Nous refusons de nous résoudre à la crise permanente. Nous n'acceptons pas la fatalité du déclinisme ambiant. À l'heure où l'histoire frappe de nouveau à la porte, il nous appartient de relever le gant. Enfants de la fin du xxe siècle, nous portons, avec l'énergie et la détermination de notre jeunesse, l'espoir des meilleurs lendemains. "
    Ce manifeste initié par quarante acteurs de la vie civile, chefs d'entreprises, responsables associatifs, hauts fonctionnaires, intellectuels et élus locaux, tous appartenant à la génération montante, propose un autre chemin pour la décennie qui s'ouvre, celui d'une République écologique et altruiste. Celui d'une nouvelle échelle humaine.

  • FAUX ALIMENTS, VRAIS SCANDALES !
    La fraude alimentaire est un business juteux. Et pour cause : vendre de la nourriture trafiquée, illégale, contrefaite, contaminée est moins risqué - et parfois plus rentable - que de s'adonner au trafic de drogue ou d'armement. Étayée d'exemples hallucinants et de nombreux témoignages, cette enquête décrypte, preuves à l'appui, un phénomène savamment occulté. Elle remonte les filières, dresse le portrait des fraudeurs, explique pourquoi et comment des entreprises sortent des clous. Et montre que, dans tous les pays, France comprise, en plus des trafiquants à la petite semaine, le crime organisé écoule de faux produits via les supermarchés, les restaurants ou sur Internet. Des exemples ? Savez-vous que du thon avarié subit des injections chimiques pour revenir sous un bel aspect dans nos assiettes ? Que certains miels ne sont pas d'abeille ? Que les mafias infiltrent le marché des fruits et légumes ? Que le faux bio existe, comme le faux made in France, les faux pesticides, la tricherie sur les grands vins, l'huile d'olive sans olives ? Vous pensiez le scandale de la viande de cheval terminé ? Détrompez-vous. Le pire : face à un péril qui prend de l'ampleur, les autorités sont débordées. Et l'industrie agroalimentaire sait, mais ne dit rien. Heureusement, des solutions existent. Car manger du faux pour de vrai, personne ne le veut !

  • L'opposition entre de Gaulle et Mitterrand met dos à dos un homme qui lutte contre l'effondrement d'une civilisation et un individu qui se moque que celle-ci disparaisse pourvu qu'il puisse vivre dans ses ruines à la façon d'un satrape. Le premier donne sa vie pour sauver la France ; le second donne la France pour sauver sa vie. L'un veut une France forte, grande et puissante, à même d'inspirer une Europe des patries ; l'autre la veut faible, petite et impuissante, digérée par l'Europe du capitalisme. L'un ressuscite Caton ; l'autre réincarne Néron. De Gaulle se sait et se veut au service de la France ; Mitterrand veut une France à son service. L'un sait avoir un destin ; l'autre se veut une carrière. De Gaulle n'ignore pas qu'il est plus petit que la France ; Mitterrand se croit plus grand que tout. Le Général sait que le corps du roi prime et assujettit le corps privé ; l'homme de Jarnac croit que son corps privé est un corps royal. L'un écoute le peuple et lui obéit quand il lui demande de partir ; l'autre reste quand le même peuple lui signifie deux fois son congé. L'homme de Colombey était une ligne droite ; celui de Jarnac un noeud de vipères. L'un a laissé une trace dans l'Histoire ; l'autre pèse désormais autant qu'un obscur président du Conseil de la IVeRépublique. L'un a fait la France ; l'autre a largement contribué à la défaire...Ce portrait croisé se lit comme une contre-histoire du XXe siècle qui nous explique où nous en sommes en même temps qu'elle propose une politique alternative qui laisse sa juste place au peuple : la première.M.O.

  • Sur le Toit du monde à la fois ombrageux et accueillant, bâton de marche dans une main, carnet dans l'autre, Olivier Weber a peu à peu trouvé ce qu'il recherchait, l'isolement, le recueillement, la méditation, le souffle poétique de la vie sauvage, comme une échappatoire à la vitesse et à la modernité.C'était une vieille promesse. Confronté aux souvenirs des guerres que j'ai couvertes, j'ai voulu me rendre dans une contrée mythique et oubliée, le Mustang. Fermé aux étrangers jusqu'en 1992, ce petit royaume en Himalaya désormais rattaché au Népal est un " petit Tibet " à la culture protégée et sans la tutelle de la Chine.
    Avec deux amis, dont un aveugle, et trois Mustangais, dont un prince du Mustang, je me suis aventuré au-delà de l'Annapurna dans des vallées perdues, sur des montagnes isolées, dans des hameaux dépeuplés qui tutoient les cieux, dans des monastères en renaissance ou désertés. À chaque pas, le cheminement et le pèlerinage intérieur se révélaient plus importants que le sommet ; le vagabondage, davantage que la conquête.
    Au terme d'une longue expédition à plus de 4 000 m. d'altitude, dans cette nature démesurée, sur ce Toit du monde à la fois ombrageux et accueillant, bâton de marche dans une main, carnet dans l'autre, j'ai peu à peu trouvé ce que je recherchais, l'isolement, le recueillement, la méditation, le souffle poétique de la vie sauvage, comme une échappatoire à la vitesse et à la modernité. L'effacement du souvenir de la guerre, aussi, et de son syndrome post-traumatique, en cheminant surtout, et à la rencontre des Mustangais, bergers, nomades, moines, passagers du vent, ombres de la solitude.
    Dans le silence des grands espaces, après plusieurs semaines d'une marche souvent vertigineuse, cette quête de pureté et de la " montagne intègre " fut l'occasion de réflexions sur le temps, sur l'hyper-communication de nos sociétés, sur l'empathie et la compassion, loin du rythme effréné de nos quotidiens.
    Ce fut enfin le lieu d'étonnants échanges avec mes amis montagnards, dont celui qui ne voit plus, surnommé " l'aventurier aveugle ", qui a connu le Mustang lorsqu'il était encore voyant. Il m'a permis, lui aussi, de " voir autrement ".

  • Paris dans les années 1930 : " le nombril du monde ", tout comme " la toile de fond naturelle pour l'art et la littérature du XXe siècle ". Pourquoi tant d'écrivains américains, parmi les meilleurs de leur génération, affluèrent-ils à Paris dans l'entre-deux-guerres ? Quelle fut leur vie matérielle, sociale et intellectuelle dans la Ville Lumière ? Que découvrirent-ils ? Telles sont quelques-unes des questions que soulève le présent ouvrage. L'auteur raconte les expériences vécues dans la capitale française par de grands écrivains, dont trois prix Nobel (Ernest Hemingway, Sinclair Lewis et T.S. Eliot) et par des dizaines d'autres auteurs célèbres déjà en leur temps, comme Scott Fitzgerald, Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin. Ces intellectuels voulaient fuir une Amérique ressentie par eux comme matérialiste, intolérante, conformiste, puritaine, en somme étouffante et fermée aux choses de l'esprit. Une place particulière est accordée aux Noirs, qui cherchaient à s'épanouir loin des terribles contraintes de la ségrégation raciale.
    A Paris, les Américains trouvaient d'abord la liberté, celle des moeurs (alcool, drogue, sexe) et celle de l'esprit. La découverte d'une ville pétrie d'histoire, les promenades dans les beaux quartiers et les arrondissements populaires, la visite des musées, les spectacles, les lectures, les rencontres offraient d'innombrables sources d'inspiration et de réflexion. Tous furent marqués par l'éclosion de nouveaux courants, comme le dadaïsme, le surréalisme ou le cubisme. Henry Miller disait que Paris était " le nombril du monde ", Gertrude Stein observait que cette ville constituait " la toile de fond naturelle pour l'art et la littérature du XXe siècle ".

  • Les incasables

    Rachid Zerrouki

    " En enseignant en Segpa à des élèves âgés de 12 à 16 ans, je savais que je ne façonnerais pas des ingénieurs, des médecins ou des avocats, mais des manutentionnaires, carreleurs, tourneurs-fraiseurs ou professionnels de l'aide à domicile - des prolétaires sans qui tout s'effondrerait, mais que la société méprise, maltraite, sous-paye et exploite. En revanche, j'ignorais tout de ce que j'allais recevoir en retour : des leçons de vie en pagaille, des souvenirs impérissables et un sens à mon métier. "De 2016 à 2019, Rachid Zerrouki, connu sous le nom de Rachid l'instit sur Twitter, a été professeur à Marseille en Segpa, une section où se retrouvent les collégiens dont les difficultés scolaires sont trop graves et persistantes pour qu'ils suivent un cursus classique. Bien souvent, lorsqu'on recherche l'origine de ces difficultés, on découvre des drames, de la précarité, des vies marquées par l'adversité. Enseigner à ces élèves a entraîné Rachid Zerrouki à résoudre de nombreux dilemmes pédagogiques : ils ont les compétences pour lire La Sorcière de la rue Mouffetard et la maturité pour s'intéresser à Orgueil et Préjugés. Alors, que faire ? Insulter leur intelligence ou consumer leur confiance en eux ?En côtoyant au quotidien ces adolescents, Rachid Zerrouki a remis en cause sa formation et ses convictions. Dans ce livre d'une grande humanité, il dévoile son attachement envers l'école publique et partage tout ce que ces élèves lui ont appris.

  • De Saint-Germain-des-Prés aux chaînes d'info en continu, l'intellectuel français est auréolé d'un pouvoir singulier. Défenseur des opprimés ou décrypteur de l'actualité, militant des causes perdues ou expert au discours ciselé, il occupe, au pays de Descartes, où l'on aime à théoriser, une place à part.Crise financière, attentats islamistes, poussée migratoire, montée des populismes, féminismes, épidémie... L'histoire est de retour, les idées gouvernent de nouveau le monde. La vieille opposition entre droite et gauche, périmée, s'est vue évincée par d'autres clivages, dans l'air du temps. Réacs, gauchistes, libéraux : chacun accuse l'autre d'avoir gagné la guerre culturelle.D'Alain Finkielkraut à Édouard Louis, en passant par Michel Onfray, de la Manif pour tous à Nuit debout, sans oublier les Gilets jaunes, qui a vraiment remporté cette bataille idéologique? À l'heure de la cancel culture, de l'hystérisation de la polémique, de l'immédiateté de l'information et du pouvoir de l'image, quel rôle l'intellectuel peut-il encore jouer? Le débat est-il seulement toujours possible, en France?Eugénie Bastié a mené l'enquête: pendant trois ans, elle a rencontré une trentaine de penseurs de tous bords. Elle décrit un paysage intellectuel morcelé, mais plus riche que jamais. Une plongée passionnante au coeur de l'intelligentsia, la France racontée au travers des idées qui l'agitent et des personnages qui les incarnent.

  • Le complotisme produit des effets délétères majeurs sur l'ordre mondial et l'opinion publique ; mais qui est vraiment le complotiste ?
    Le complotisme produit des effets délétères majeurs sur l'ordre mondial et l'opinion publique ;
    Pensant seul contre tous, il se persuade qu'un plan maléfique serait organisé en vue d'usurper le pouvoir ou de poursuivre des intérêts cachés. À lui, donc, de le divulguer : son domaine est celui de l'ombre, des coulisses.
    Ce Don Quichotte de l'ère moderne, dont la fake news est l'instrument, s'inscrit dans une longue tradition : les thèses extravagantes autour de l'assassinat de John F. Kennedy, ou les récentes rumeurs d'une forêt amazonienne en feu, constituent les nouvelles manifestations d'un phénomène maintes fois observé, comme dans la Rome antique, où Néron accusa les chrétiens d'être incendiaires.
    Avec érudition et un sens aigu de la responsabilité des intellectuels, Sylvie Taussig décrit les chemins tortueux du complotiste, qui pense détenir la Vérité salvatrice. Elle démontre qu'à toutes les époques, le complotisme ne fait jamais que jouer sur la peur, et plus : la passion de la peur.

  • Le livre noir des grandes écoles
    HEC, ESSEC et EDHEC: trois écoles à la renommée mondiale, trois institutions où se forme la future élite économique et politique de la France. Un quart des patrons du CAC 40, des ministres et des dizaines de députés en sont diplômés.Pourtant, le rêve étudiant sur ces campus vire parfois au cauchemar. Bizutage, harcèlement sexuel, viols, racisme... Sous l'omerta imposée par des administrations avant tout soucieuses de préserver leur image, les dérapages sont nombreux, et les comportements les plus indignes souvent impunis. Dans ces bulles déconnectées, régies par des codes dégradants et où semble régner la violence, la loi du silence peut-elle être brisée ? Une enquête glaçante au coeur de la fabrique des élites françaises.

  • Le quotidien d'un prêtre aujourd'hui
    À quoi ressemble la vie d'un curé de campagne ? À l'heure de la désertification et des crises de conscience, celui-ci a-t-il encore un rôle à jouer ? Le père Christophe Bazin en est convaincu. En charge d'une soixantaine de villages et d'une cinquantaine d'églises, il s'est mis au service des fidèles, notamment des plus fragiles, et parcourt chaque jour des kilomètres pour leur apporter son soutien. Loin du repli sur soi, il cherche la rencontre de tous, dans le cadre de missions originales. Sans négliger ses temps de prière, il doit organiser, avec son équipe (prêtres, diacre, paroissiens...), les messes et cérémonies dans son doyenné et faire face à toutes sortes de questions relatives au patrimoine, aux relations humaines, aux finances... Homme d'Église résolument moderne, il a à coeur d'évoluer avec son temps et ne craint pas d'utiliser tous les outils propres à faciliter sa tâche. Dans ce témoignage, l'auteur partage les joies et les doutes, les initiatives et les difficultés qui parsèment son quotidien de curé de campagne.

  • C'est une vieille histoire, une fascination originelle, ancrée - indestructible.
    Philippe Le Guillou est encore enfant lorsqu'il découvre le célèbre portrait du cardinal de Richelieu peint par Philippe de Champaigne. C'est un éblouissement.Qui ne serait impressionné par ce prélat de campagne, évêque de Luçon devenu député aux États Généraux, cardinal au service de l'État, aumônier et surintendant de la maison de Marie de Médicis, principal ministre de Louis XIII pour qui il oeuvra aussi comme chef des opérations militaires ?D'un tableau à l'autre, de livres d'histoire en promenades en Touraine, l'auteur cerne cet homme intransigeant. D'une plume qui se fait pinceau, il rappelle son intelligence redoutable, son ambition insatiable, son obsession de l'unité de l'État. Un homme d'ombre et de lumière, de complots et de coups d'éclat, que son corps malade ne laissa jamais en paix.Irrésistiblement, une fascination nous gagne. La même que celle qui foudroya l'auteur enfant devant la cappa magna du tableau de Champaigne, la main décharnée, osseuse, et la barrette, rouge comme une fleur de sang.

  • Empreintes

    David Farrier

    • Plon
    • 18 Mars 2021

    Comment les anthropologues et géologues du futur interprèteront les empreintes et les traces que nous laissons aujourd'hui ? Que restera-t-il de nous ?À quoi ressemblera le monde dans dix millions d'années ? Et comment les anthropologues de ce lointain futur interpréteront les traces que nous laissons aujourd'hui ?
    La civilisation moderne a créé des objets et des paysages susceptibles de durer dans le temps long : plastique polluant les océans, déchets nucléaires enfouis, routes goudronnées quadrillant la planète, vestiges urbains, carbone pouvant persister dans l'atmosphère pendant cent mille ans... Ces futurs fossiles d'une nature inédite ont le potentiel de révéler de nombreuses informations sur la façon dont nous vivions au XXIe siècle.
    Puisant dans la littérature, l'art et la science, le livre de David Farrier est une méditation profonde sur le changement climatique et l'Anthropocène - nouvelle époque géologique marquant l'incidence des activités humaines sur l'écosystème. De la mer Baltique à la Grande Barrière de Corail, en passant par Shanghai, une des plus grandes villes au monde, il décrit une planète dont l'évolution rapide et ses conséquences dépassent de loin l'actuelle compréhension humaine.
    Avec conviction, il nous interroge sur notre façon d'habiter la planète et d'en dilapider les ressources, et nous interpelle sur ce que nous avons déjà perdu, mais surtout sur ce que nous pourrions encore sauver.
    À la fois message d'espoir et requiem surprenant, cet ouvrage changera non seulement votre façon de penser l'avenir mais aussi votre vision du monde aujourd'hui.

  • Un document choc en plein coeur de l'actualité
    Pendant plus d'un an, Anna Erelle et Jacques Duplessy ont enquêté sur un phénomène méconnu de l'opinion et de plus en plus embarrassant pour les pouvoirs publics : la multiplication d'établissements scolaires qui passent sous les radars de l'Éducation nationale. Si, depuis Jules Ferry, l'instruction est obligatoire en France, envoyer son enfant à l'école ne l'est pas, du moment qu'un enseignement lui est dispensé. Or cette tolérance jusqu'ici marginale devient, à mesure que la peur du communautarisme grignote notre pays, un vrai problème de société : " écoles en ligne " et structures clandestines sont en plein essor.Outre le sujet explosif de l'école à la maison, ce livre, fruit d'une enquête de terrain extrêmement documentée, dévoile l'univers protéiforme de cet enseignement parallèle. On y découvre de nombreux adeptes des pédagogies alternatives. Mais aussi les promoteurs de l'islam radical, théologiquement et financièrement appuyés par l'Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie. D'autres qui relaient des thèses complotistes ou des récits fondamentalistes de la création de l'univers. D'autres encore qui flirtent avec des pédagogies aux relents d'extrême droite. Bien loin du modèle laïc inspiré des Lumières qui fonde notre République.

  • Ces biens essentiels

    Céline Pina

    Céline Pina pourfend dans cet ouvrage l'idée réductrice des " biens essentiels " imposée par l'Etat face à la crise sanitaire. Elle montre en quoi l'accès à la culture pendant les périodes de crises reste un enjeu vital.La crise sanitaire a révélé ce que nous refusions de voir : la fragilité de nos sociétés, de nos institutions et de nos idéaux. Elle a confronté chacun d'entre nous à ce qui fait notre vérité d'homme et de citoyen, et l'essence même de toute société : ses " biens essentiels ". Une notion devenue cruciale, qui n'avait jamais suscité une telle prise de conscience, face aux restrictions imposées par l'État.
    Céline Pina dénonce la confusion qui s'est installée entre besoins primaires et biens essentiels, sous l'effet d'une " guerre " sanitaire qui a privilégié la part animale de l'être humain, au détriment de ce qui le rattache à la civilisation : une culture, une quête de soi, de l'autre, gage du lien social et de la préservation de nos libertés.
    Elle souligne sans détour les erreurs de nos gouvernants dans leur façon d'envisager ce qui est essentiel et ce qui ne l'est pas, et s'inquiète d'une sortie de crise qui conduirait à remettre en cause nos acquis personnels et collectifs : le système de santé, le système éducatif, la création, le fonctionnement même de notre démocratie.
    Aurons-nous enfin les moyens de reprendre notre destin en main ? Face à la seule logique sanitaire, c'est de la culture et de la connaissance que l'on peut espérer les meilleures réponses.

  • Un virus bien en chair et en os, si je puis me permettre, a démontré que le virus virtuel n'était pas la seule réalité avec laquelle nous avions à compter. Venu de Chine où des pangolins et des chauves-souris ont été incriminés, il a mis le monde à genoux.Il a été le révélateur, au sens photographique du terme, des folies de notre époque : impéritie de l'État français, faiblesse extrême de son chef, impuissance de l'Europe de Maastricht, sottise de philosophes qui invitaient à laisser mourir les vieux pour sauver l'économie, cacophonie des scientifiques, volatilisation de l'expertise, agglutination des défenseurs du système dans la haine du professeur Raoult, émergence d'une médecine médiatique, indigence du monde journalistique, rien de très neuf...Le covid-19 rappelle une leçon de choses élémentaire : il n'est pas le retour de la mort refoulée, mais la preuve vitaliste que la vie n'est que par la mort qui la rend possible. Tout ce qui est naît, vit, croît et meurt uniquement pour se reproduire - y compris, et surtout, chez les humains. Ce virus veut la vie qui le veut, ce qui induit parfois la mort de ceux qu'il touche. Mais quel tempérament tragique peut et veut encore entendre cette leçon de philosophie vitaliste ?Michel Onfray.

  • Leurs corps, leurs choix : le plaidoyer pour l'avortement d'un médecin engagé.
    Une femme sur trois aura recours à l'avortement au cours de sa vie. Pourtant, le sujet demeure tabou et l'acte moralement contesté. Les idées reçues, les entraves et les mauvaises pratiques sont monnaie courante.Jeune médecin, Philippe Faucher pratiquait des IVG comme on s'acquitte d'une corvée. Mais au gré de ses rencontres et de ses lectures, il se passionne pour la contraception et l'avortement, des aspects délaissés de sa spécialité. Conscient d'avoir parfois reproduit des comportements maltraitants, il change radicalement sa façon de prendre en charge ses patientes.Presque cinquante ans après la loi Veil, l'auteur pose un regard critique sur l'organisation de notre système de santé. Il dénonce la façon dont une partie des soignants oublie la bienveillance la plus élémentaire lorsqu'il est question du corps des femmes et de leur liberté d'en disposer.

  • Le monde est flou

    Vincent Cespedes

    • Plon
    • 11 Février 2021

    Le futur pensé autrement.Initiée au début du XXIe siècle, la " cybermodernité " est devenue la norme mondiale. Robots et intelligences artificielles assistent les humains dans toutes leurs tâches. La réalité s'est épaissie d'une dimension virtuelle, pour devenir " transréalité ". L'informatique règne sur toutes les disciplines. Créée par les équipes d'Alice Moreau, la première intelligence extrahumaine voit le jour dans ce contexte, sous les feux des projecteurs. Ce livre est un dialogue philosophique entre une Intelligence Artificielle et sa conceptrice : le flou du réel est notre condition, et nous invite à nous raconter des histoires communes pour avancer ensemble. En revanche, le flou entretenu, le flou produit (le Deep Curse) est d'essence politique. - À moins que cet Envoûtement ne soit que le délire d'Alice Moreau, génie de l'informatique au coeur froid, missionne sa créature de nous sauver d'un mal imaginaire...
    Cet ouvrage profondément original, et dans sa forme, et sur le fond, met en scène une Intelligence Artificielle au service d'une pensée philosophique et non d'une fiction, comme on le rencontre plus fréquemment, ce qui le place dans les précurseurs du genre.

  • Que peut apporter un regard triple (le médecin, l'archéologue, l'anthropologue) au vaudou ? Depuis presque 15 ans que Philippe Charlier sillonne les pistes du Bénin, il a acquis suffisamment de matière, de données, d'expériences pour proposer le récit d'une immersion et d'une analyse du vaudou sur ses deux berges atlantiques.Au-delà de montrer et d'expliciter que le vaudou est une religion à part entière, avec ses codes, ses clergés, ses mythes et ses rituels domestiques et collectifs, on portera un regard nouveau, incisif, pragmatique et original sur cette croyance (et ses actions de sorcellerie associées) dans le territoire d'origine (Afrique sub-saharienne).
    Que va-t-on découvrir ?
    - gestes sacrés du quotidien
    - cérémonies des revenants (Egungun) semeurs de mort symbolique
    - divination Fâ par les coquillages
    - consécration de fétiches (avec ce qu'apporte leur examen radiologique lorsque certains ont été transportés en Occident)
    - fouilles archéologiques dans les palais des rois d'Abomey (permettant de retourner aux origines historiques du vaudou)
    - récits de l'initiation de l'auteur et des élévations successives (récit " de l'intérieur ")
    - cérémonies nocturnes avec chevauchement des adeptes par les divinités
    (" possessions ")
    - pèlerinages syncrétiques chrétiens/vaudou (" Saut d'eau ")
    - cérémonie des morts où se croisent une extrême sensualité et une fascination morbide
    (" Guédés ")

  • L'histoire commune qui rapproche les hommes du loup, cet animal qui se joue des frontières, est fascinante. Dans le contexte d'une érosion majeure de la biodiversité, l'enquête personnelle de Caroline Audibert initie à une plus vaste idée de l'écologie. Elle explore en profondeur la question du vivre-ensemble entre les hommes et le sauvage dont le loup se révèle le symbole. Une enfance passée en pleine montagne à rêver des loups, la découverte magique de son père dans une forêt du Mercantour, une sensibilité partagée avec les derniers bergers de l'Alpe... Tout poussait la journaliste Caroline Audibert à remonter la piste du loup parmi les derniers territoires sauvages de l'hexagone. Minutieusement, elle démêle trente ans d'une histoire commune qui rapproche les hommes de cet animal qui se joue des frontières. Le loup n'est plus le héros d'un conte pour enfants. Il fait la Une des journaux, désespère les bergers, intéresse la génétique, enthousiasme les écologistes, préoccupe les ministères... Son retour inopiné fascine ou irrite, révélant d'indépassables contradictions au sein d'une grande fresque humaine où chacun défend avec passion sa propre vision de la nature.
    Dans le contexte d'une érosion majeure de la biodiversité, l'enquête très personnelle de Caroline Audibert initie à une plus vaste idée de l'écologie, à une vision systémique des choses. Elle explore en profondeur la question du vivre-ensemble entre les hommes et le sauvage dont le loup se révèle le symbole. Serions-nous à l'aube d'un nouveau cycle ?
    Prix 30 millions d'amis essai 2019.Prix essai 30 millions d'amis

  • Sur la question de la radicalisation du religieux, les salafistes djihadistes concentrent toute notre attention. Or ils ne sont pas les seuls à constituer une menace : il faut aussi s'intéresser aux téléprédicateurs du Conseil évangélique de Trump, aux juifs radicaux du " Grand Israël ", aux extrémistes bouddhistes et hindouistes... Dans notre monde globalisé, on doit en réalité parler des radicalismes religieux au pluriel.Tous reposent sur le même triptyque d'intolérance : une foi, une terre, un peuple, s'appuyant sur une réécriture victimaire de l'Histoire et légitimant une violence vengeresse " sanctifiante " - à l'instar des kamikazes salafistes qui se croient promis au paradis ou de ces pasteurs et prêtres américains justifiant le meurtre de médecins avorteurs.S'ils partagent de nombreux points communs, tous ne visent pas un objectif planétaire. Mais tous redessinent la géopolitique moderne, tandis qu'au sein des sociétés, les poussées radicales sapent chaque jour un peu plus l'égalité entre les hommes, les droits des femmes, des minorités, excluant l'" Autre " du champ politique quand il ne s'agit pas purement et simplement d'épuration ethnique...Face à ces dangers, il est temps de cesser de traiter les religions sous l'angle de la liberté de conscience et de les considérer en termes politiques. Les mêmes appels à l'exclusion proférés par des néonazis ou des suprémacistes seraient immédiatement condamnés : pourquoi faudrait-il les tolérer quand ils sont tenus par des religieux, quelle que soit leur " chapelle " ?

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