Jérémie Koëring

  • Ce livre propose pour la première fois de retracer l'histoire de l'iconophagie depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours selon une approche pluridisciplinaire mêlant histoire de l'art, anthropologie, histoire culturelle et matérielle, histoire du corps et histoire des sens. En effet, les images n'ont pas toujours été vouées à la vue, elles ont également pu être incorporées, bues ou mangées pour se protéger, se soigner, entrer en relation avec le divin ou encore constituer des communautés. Songeons, entre autres exemples, à cette hostie portant une représentation du Christ et des Apôtres, à cette Vierge allaitant en pain d'épices, à cette statue de Marie qui, pourvue d'un tuyau au niveau de la poitrine, pouvait "miraculeusement" faire couler du lait et abreuver le fidèle, ou encore à toutes ces représentations nous montrant des hommes, des femmes ou des enfants absorbant ou mangeant à pleines dents des images sacrées comme sucrées. Fidèle aux principes de la collection "Les apparences", Jérémie Koering propose d'analyser les enjeux culturels et les imaginaires qui traversent l'ingestion de ces images. Tout en s'inscrivant dans le champ de l'histoire de l'art et de l'anthropologie, cet ouvrage ouvre un pan encore inexploré de l'histoire de l'art. Cette étude inédite n'a, par conséquent, aucun équivalent éditorial en sciences humaines.

  • L'auteur de ces pages découvre dans le coin droit du col du joueur au centre des Tricheurs du Caravage un détail que l'on ne voit que si on se rapproche très près du tableau. Cependant, une fois ce détail aperçu, non seulement il fait intégralement et irrémédiablement basculer le centre de gravité, l'équilibre du tableau et en change le sens, mais, de surcroît, on ne voit plus que lui. Ce détail, fut-il voulu par l'artiste ou fut-il un fait du hasard? Historien et théoricien de l'art, spécialiste de la Renaissance, Jérémie Koering interroge les traditions poétiques et picturales de l'Italie du XVIe siècle pour vérifier si, à tout le moins, l'existence de ce détail peut être plausible historiquement, ou s'il faut la mettre sur le compte d'un acte manqué ou d'un glissement involontaire du pinceau du peintre ou encore d'une aberration... Dans cette enquête, Jérémie Koering entraîne le spectateur dans un questionnement vertigineux, non sur le vrai et le faux, mais sur le visible et l'invisible ou plus exactement sur les effets de l'invisible sur le visible, autrement dit sur le regard et la vision.

  • Bien que constituant un ensemble majeur de l'histoire de l'art italien de la Renaissance, les décors du palais ducal de Mantoue réalisés au cours du XVIe siècle n'ont jamais fait l'objet d'une analyse globale. L'ouvrage vise à éclairer la production de ces grands décors mantouans en envisageant tour à tour le rôle de l'ornement dans la définition de l'espace palatial comme écrin de la magnificence des Gonzague, les relations entre iconographie et pensée politique, l'analyse des langages (poétique, rhétorique, didactique) mis au point par les auteurs d'inventions (Mario Equicola, Benedetto Lampridio, Teodoro Sangiorgio...) et les artistes (Lorenzo Leonbruno, Giulio Romano, Titien, Tintoret, Gioavan-Battista Bertani, Lorenzo Costa il Giovane...), enfin les modalités de réception et de compréhension de ces décors par l'analyse d'une pratique récurrente au XVIe siècle, celle des visites commentées du palais.

  • L'ouvrage est publié à l'occasion de l'exposition "Léonard de Vinci, dessins et manuscrits" qui se tiendra au Musée du Louvre du 9 mai au 14 juillet 2003.


    Léonard de Vinci est universellement connu et a fait l'objet d'innombrables études. Pourquoi alors proposer un nouvel ouvrage sur cet artiste oe L'originalité de la collection Atelier du Monde justifie une telle entreprise. Le principe est d'offrir au plus grand nombre les moyens de pénétrer dans l'univers complexe et fascinant de ce grand protagoniste de la Renaissance. Pour ce faire, l'ouvrage se divise en trois parties :

    La première, intitulée Les ateliers, donne un aperçu complet de la vie de Léonard de Vinci, de ses différentes activités (peintre, sculpteur, ingénieur, anatomiste, musicien...), de l'évolution de sa pensée au gré de ses expérimentations, de ses lectures et de ses rencontres, en évoquant le contexte culturel, politique et historique dans lequel il a oeuvré, les commanditaires qui l'ont employé et les lieux (villes et ateliers) où il a séjourné.

    A la lecture de la seconde partie, qui a pour titre Les oeuvres, le lecteur pourra déchiffrer plus aisément l'art raffiné et savant de Léonard grâce à l'exploration thématique de sa création (Le corps humain, l'invention, le mouvement, les expressions, l'homme face à la nature).

    La dernière partie, appelée Itinéraires réunit une liste commentée des lieux marqués par la présence passée (séjours) et actuelle (conservation des oeuvres) de Léonard de Vinci, ainsi qu'une brève histoire du "mythe Léonard" et d'un panorama choisi des récupérations de son Oeuvre (copies, vols, détournements) au fil des siècles. A cela, vient s'ajouter une chronologie et une bibliographie.

  • L'intérêt du prince envers les arts a sans aucun doute toujours existé mais il prend en Europe, notamment en France et en Italie, une ampleur toute particulière à partir du XIVe siècle et ce jusqu'au XVIIIe siècle. Dès le XIVe siècle, les cours princières deviennent un foyer de culture et d'art et l'on voit apparaître les premiers artistes de cour, car un bon souverain n'est pas seulement brave au combat et bon administrateur, il est également empreint d'érudition et possède un goût artistique assuré. Au XVIe siècle cette relation entre le prince et les arts prend de l'ampleur, l'art devient le moyen le plus indispensable pour fonder sa renommée et sa puissance. Les palais et leurs ornements sont autant de preuves de la magnificence du prince et du pouvoir de sa cour et cette relation culmine au siècle suivant avec Louis XIV qui réussit à Versailles l'identification de l'art de son temps à sa personne.
    La peinture avec ces innombrables portraits de rois (victorieux sur le champ de bataille, au milieu de scènes mythologiques ou allégoriques...) mais également l'architecture, la sculpture, les arts décoratifs, la littérature et la musique sont devenus indissociables du pouvoir. Un ouvrage écrit par une équipe d'universitaires largement ouverts à l'histoire de l'art et spécialisés dans les champs chronologique et géographique afin d'offrir aux candidats une synthèse de la production historique récente.

    Ouvrage dirigé par Michel Figeac, Professeur à l'université Michel de Montaigne, Bordeaux 3.
    Avec la collaboration de :
    Olivier Chaline, Professeur à l'université de Paris IV Sorbonne.
    Philippe Jansen, Professeur à l'université de Nice Sophia-Antipolis.
    Jérémie Koering, Chargé de recherches, CNRS, Centre André Chastel.
    Géraud Poumarède, Professeur à l'université Michel de Montaigne, Bordeaux 3.

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