Sciences Humaines

  • Ukraine : de l'indépendance à la guerre

    Alexandra Goujon

    • Le cavalier bleu
    • 18 Novembre 2021

    Depuis une dizaine d'années, l'Ukraine apparaît régulièrement sur le devant de la scène internationale, que ce soit pour ses mouvements protestataires, ou à propos de l'annexion de la Crimée par la Russie et du conflit à l'est du pays, semblant constituer le théâtre d'une nouvelle guerre froide qui cristallise les tensions entre la Russie et les nations occidentales.
    Les événements récents sont aussi l'occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays est lacunaire, se limitant souvent aux clichés d'une Ukraine berceau de la Russie, terre des cosaques, grenier à blé de l'URSS et d'une suite de gouvernants entachés par une corruption massive.
    Partant de ces idées reçues, Alexandra Goujon dresse un portrait précis et documenté de cette Ukraine, terre de contrastes.

  • « À 7 ans, j'ai été condamné à mort pour un crime que j'ignorais. Ce n'était pas une fantaisie d'enfant qui joue à imaginer le monde, c'était une bien réelle condamnation. » B. C.

    Boris Cyrulnik a échappé à la mort que lui promettait une idéologie meurtrière. Un enfant qu'on a voulu tuer et qui toute sa vie a cherché à comprendre pourquoi, pourquoi une telle idéologie a pu prospérer.
    Pourquoi certains deviennent-ils des « mangeurs de vent », qui se conforment au discours ambiant, aux pensées réflexes, parfois jusqu'à l'aveuglement, au meurtre, au génocide ? Pourquoi d'autres parviennent-ils à s'en affranchir et à penser par eux-mêmes ?
    Certains ont tellement besoin d'appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu'ils recherchent, voire chérissent, le confort de l'embrigadement. Ils acceptent mensonges et manipulations, plongeant dans le malheur des sociétés entières.
    La servitude volontaire engourdit la pensée. « Quand on hurle avec les loups, on finit par se sentir loup. » Penser par soi-même, c'est souvent s'isoler. Seuls ceux qui ont acquis assez de confiance en soi osent tenter l'aventure de l'autonomie.
    Au-delà de l'histoire, c'est notre présent que Boris Cyrulnik éclaire.

    À travers sa tragique expérience de vie, hors des chemins battus, Boris Cyrulnik nous montre comment on peut conquérir la force de penser par soi-même, la volonté de repousser l'emprise, de trouver le chemin de la liberté intérieure.

    Un livre profond et émouvant. Un livre fondateur.

  • Cahiers d'insouciance

    Alexandre Jollien

    • Gallimard
    • 6 Janvier 2022

    Comment se départir d'un état d'alarme permanent, abandonner le souci et s'ouvrir authentiquement à une vie plus généreuse, plus libre ? Comment oser la nonpeur et la confiance ? À l'heure où l'individualisme gagne du terrain, il est tentant, pour moins souffrir, de se cacher, voire de démissionner. Chögyam Trungpa comme le Bouddha, Spinoza, Nietzsche et tant d'autres peuvent nous inspirer une voie bien plus audacieuse.
    Les Cahiers d'insouciance constituent une tentative, un essai pour s'affranchir de la tyrannie des passions tristes et nous jeter dans la joie inconditionnelle. Une vie spirituelle qui ne rendrait pas meilleur, plus solidaire et qui laisserait quiconque sur le bas-côté ne vaut pas une heure de peine !
    Deux défis traversent ces Cahiers : se détacher de tout mais sans renoncer au don de soi, à l'engagement, et contribuer ainsi à une société plus éveillée ; faire passer l'autre avant la voracité du moi. Ces carnets de route envisagent le quotidien, les blessures et les manques, les désirs et la peur, les liens et le partage, bref, tout ce qui habite un coeur comme un laboratoire, un tremplin vers la liberté.

  • Le rire : enquête sur la plus socialisée de toutes nos émotions

    Laure Flandrin

    • La decouverte
    • 4 Novembre 2021

    Le rire est un signe anthropologique qui semble relever d'un universalisme évident. Mais pourquoi rions-nous ? En quoi les mécanismes du rire sont-ils susceptibles d'être éclairés par les sciences sociales ? Longtemps chasse gardée de certaines disciplines (théologie, philosophie, littérature, psychanalyse), le rire s'est désormais ouvert à la sociologie et fait ici l'objet d'une enquête sur la réception des arts comiques conduite à hauteur de rieur.
    Qu'exprimons-nous de nous-mêmes, de nos expériences sociales, de nos relations aux autres et de nos opinions culturelles dans la déflagration instantanée du rire ? Ce livre propose d'explorer les expériences fondamentales du monde social qui nous constituent comme rieurs (l'apprentissage de la bipédie et du maintien corporel, l'ajustement au milieu technique, l'affectation par les pouvoirs, le passage des frontières sociales, etc.) et ambitionne de poser un cadre général de compréhension du rire. Ce dernier apparaît ainsi à la fois comme une manière de reconnaître des expériences du passé sur un mode autoparodique, un acte identitaire de catégorisation qui prend appui sur les fractures les plus dures du mode social, et une stratégie de distinction culturelle à l'intérieur du domaine comique où tout ne se vaut pas.

  • De la liberté : quatre chants sur le soin et la contrainte

    Maggie Nelson

    • Editions du sous sol
    • 21 Janvier 2022

    «Pourquoi ne pas accepter que la longue et glorieuse carrière de la liberté touche à sa fin, que notre obsession continuelle à son égard reflète plutôt une pulsion de mort ? 'Ta liberté me tue !' proclament les pancartes des manifestants pendant la pandémie ; 'Ta santé n'est pas plus importante que ma liberté !' s'égosillent en retour les militants anti-masques».
    Dès l'ouverture de son livre, Maggie Nelson souligne cette contradiction au centre de tous les débats actuels entre le soin (care) et la liberté. Quelle notion plus caractéristique des oppositions à l'oeuvre dans nos sociétés que celle de liberté, idéal revendiqué comme un cri de ralliement, par des camps que tout oppose ? La liberté reste-t-elle la clé de notre autonomie, de notre justice, de notre bien-être, ou représente-t-elle la fin d'une étoile qui a trop longtemps brillé ? L'obsession collective pour la notion de liberté est-elle toujours synonyme d'émancipation, ou d'un nihilisme de plus en plus profond (ou les deux) ? Comment expliquer que la liberté soit désormais l'étendard du populisme et du puritanisme ?
    Dans son nouvel essai, De la liberté, Maggie Nelson nous offre, en s'appuyant sur un vaste corpus, de la théorie critique à la culture populaire, une manière de penser et d'interroger notre propre liberté. Dans la lignée des Argonautes et de son écriture à la fois réflexive et intime, nous retrouvons toute la singularité de celle qui est devenue, au fil des années, une icône de la pensée. Elle convoque et déconstruit les débats du monde de l'art, l'héritage complexe de la libération sexuelle, les douloureux paradoxes de l'attrait du désespoir face au changement climatique. Passionnant, déroutant, nuancé et courageux, De la liberté confronte le lecteur à ses propres contradictions.

  • Allemagne : mémoires d'une nation

    Neil Macgregor

    • Belles lettres
    • 4 Février 2022

    Ce livre raconte une histoire de l'Allemagne sur cinq cents ans, depuis le Saint-Empire romain jusqu'à la réunification, en faisant apparaître ce qui a permis aux Allemands de se constituer une identité nationale. Outre la publication, dotée d'une abondante iconographie, ce projet a donné lieu à une série d'émissions diffusée sur BBC Radio 4, ainsi qu'à une exposition présentée au British Museum.
    En évoquant des monuments, des objets, des personnes et des lieux, Neil MacGregor, historien de l'art, explore comment l'Allemagne a su façonner et refaçonner son identité à travers les divers matériaux que lui a légués le passé. Un passé avec lequel, pour des raisons historiques, les Allemands entretiennent une relation particulière : pendant longtemps les frontières ont été mouvantes, des entités politiques, tels que le Saint-Empire romain et l'Etat prussien, ont totalement disparu, tandis que de nouveaux Etats ont vu le jour dans les années de l'après-guerre.
    Allemagne. Mémoires d'une nation offre l'intérêt singulier de proposer un voyage éclairant à travers le temps, que vient documenter une très riche et passionnante iconographie (plus de 400 illustrations), tout en permettant de comprendre l'influence profonde de l'histoire et de la culture allemandes en Europe.

  • Une poupée en chocolat

    Amandine Gay

    • La decouverte
    • 23 Septembre 2021

    Je suis une personne née sous X, qui ne possède rien de son passé : ni antécédents médicaux, ni arbre généalogique, ni mémoire familiale. Je dois donc écrire mon histoire pour ne pas être qu'une somme de silences, de traumas et de dépossessions. Ce livre est une trace, une archive, une pièce du puzzle que je tente de compléter grâce à l'analyse politique de ce qui m'arrive.
    On oublie trop souvent que si des familles sont constituées par l'adoption, c'est parce que d'autres, plus précaires, ont été détruites. Qu'il s'agisse des rapports de classes, des inégalités mondiales ou du continuum colonial, en contexte occidental, l'adoption est inscrite dans une histoire de violences. C'est de cette histoire que les personnes adoptées héritent ; contre ses persistances qu'elles luttent.
    Devons-nous être une tabula rasa pour que l'adoption fonctionne ? Qui sont nos vrais parents ? Est-ce une chance d'être adoptée ? Suis-je une vraie Noire ? Cet essai autobiographique invite à s'interroger sur l'identité, la filiation et la parentalité à partir du regard que nous, personnes adoptées, posons sur la famille et la société.

  • Microcosmes. théorie des champs

    Pierre Bourdieu

    • Raisons d'agir
    • 21 Janvier 2022

    Ce livre constitue une occasion unique de saisir l'une des dimensions les plus innovantes de son oeuvre, moins connue mais non moins importante que les notions d'habitus ou de capital culturel : la théorie des champs, dont on trouve des formulations partielles dans nombre de ses travaux depuis La Distinction (1979).

    La notion de champ sous-tend en réalité de manière plus ou moins explicite toute son oeuvre et fournit un instrument d'analyse qu'il mobilise sur un ensemble de domaines très diversifiés : la religion, la culture, la littérature, l'art, le monde académique, l'économie, la famille, le pouvoir, le patronat, etc. Tous ces objets sociaux particuliers sont en effet justiciables d'une analyse en termes de champ, une analyse relationnelle qui fait apparaître les forces qui les différencient et les séparent en même temps que les luttes spécifiques qui sous-tendent leur unité interne.

    Pierre Bourdieu voulait proposer sous la forme d'un livre une synthèse provisoire permettant de faire apparaître la force opératoire et la cohérence théorique de ce concept inlassablement mis à l'épreuve de la réalité sociale tout au long de sa vie scientifique. Interrompu en 1995, ce projet est resté inachevé et le présent ouvrage est une tentative d'en proposer une réalisation approchée en s'appuyant sur les notes qu'il a laissées, sur les textes originaux qu'il a écrits dans ce but et sur une collection raisonnée d'articles qu'il souhaitait retravailler comme à son habitude dans la perspective de les intégrer à son livre.

    Ce livre, voulu par son auteur et refait sans lui, pour lui, est un livre incontournable pour saisir la portée de son oeuvre. On ne peut réellement comprendre et saisir la portée des travaux les plus connus et les plus reconnus de Bourdieu sur la théorie de la pratique (habitus, dispositions, etc.) et sur la structuration de l'espace social (en fonction des capitaux culturels, économiques, sociaux, symboliques), sans les rapporter à la théorie des champs qui vient compléter le système conceptuel, scientifique et méthodologique, d'un auteur qui a révolutionné durablement les sciences sociales.

  • Cet ouvrage d'une ambition exceptionnelle présente sous une forme accessible à un large public une histoire inédite de l'esclavage depuis la Préhistoire jusqu'au présent. Il paraît vingt ans après le vote de la loi Taubira, alors que la prise de conscience du passé esclavagiste est chaque jour plus aiguisée au sein de la société française. L'histoire de l'esclavage, trop longtemps tenue pour une forme de passé subalterne, est ici replacée au coeur de l'histoire mondiale. Le livre renouvelle une approche comparée dans l'étude du phénomène esclavagiste, qui conduit le lecteur de l'Inde ancienne aux Antilles du XVIIIe siècle, de la Chine des Han jusqu'au Brésil colonial, de l'Egypte médiévale à l'Ouganda contemporain.

  • Secrets de thérapeute

    Tobie Nathan

    • L'iconoclaste
    • 14 Octobre 2021

    « Dans toute vie, un jour vient le besoin de confier ses secrets.» Depuis cinquante ans, Tobie Nathan pratique l'ethnopsychiatrie : il accueille et prend soin du patient en tenant compte de son histoire, de sa culture, de sa langue, de ses croyances. Professeur d'université reconnu, auteur souvent primé, il revient aujourd'hui sur les grandes étapes de son existence comme autant de jalons dans l'élaboration de sa discipline. Il éclaire ce qui lui semble essentiel et livre ce qu'il n'avait jamais dévoilé. « La multitude des langues et des cultures est la véritable richesse du monde. » Récemment, on a fait appel à lui pour instaurer le dialogue avec les jeunes radicalisés. Plus que jamais sa méthode est nécessaire. Dans un monde cloisonné, qui se méfie de la différence, Tobie Nathan ouvre une voie d'avenir.

  • Un ouvrage aussi exigeant qu'ambitieux qui rassemble diverses conférences prononcées par Siri Hustvedt sur la condition humaine. On y trouvera notamment une puissante lecture de Kierkegaard, une analyse tranchante du suicide, et des réflexions pénétrantes sur l'hystérie, la synesthésie, la mémoire, l'espace, et les dilemmes philosophiques posés par la fiction.

  • Dans le domaine scientifique, l'humanité ne cesse de progresser. Mais partout ailleurs, elle semble perdre la tête. Comment une espèce capable d'explorer Mars et de développer des vaccins en moins d'un an peut-elle produire autant de fake news et de théories du complot, qui prolifèrent même dans les milieux les plus éduqués ? L'humain est-il un animal irrationnel et incorrigible, victime d'illusions et d'erreurs de raisonnement ?

    Steven Pinker prend le contre-pied des idées reçues. Non, les humains ne sont pas dominés par leurs instincts. Depuis les chasseurs-cueilleurs, nous sommes dotés d'un cerveau capable de résoudre des problèmes complexes. Au cours des millénaires, l'espèce humaine a ainsi mis au point des outils de raisonnement d'une extraordinaire efficacité. Le problème, c'est que personne, ni aucune école, ne nous apprend à raisonner. Et qu'il ne suffit pas d'être intelligent pour être rationnel !

    Formidable pédagogue, Steven Pinker nous expose avec clarté et humour les outils de raisonnement à notre disposition, si utiles dans un monde menacé par l'irrationalité. Aussi, ce livre est à la fois un antidote pour affronter les temps troublés et un manuel d'autodéfense intellectuelle.

    « Dans une époque qui semble sombre et angoissante, Steven Pinker apporte un regard incroyablement constructif et positif. » The New York Times

  • Qui a peur des vieilles ?

    Marie Charrel

    • Les peregrines
    • 16 Septembre 2021

    Vieille. Le mot lui-même est tabou. Alors que la société elle-même vieillit, elle a un problème avec les vieux en général et les vieilles en particulier, soumises à une double injonction contradictoire : être authentiques, mais rester minces et jolies.
    Si elles sont moins regardées, invisibilisées, mises de côté passé un certain âge, de nombreuses « vieilles » se découvrent en contrepartie une liberté nouvelle. Alors pourquoi a-t-on, malgré tout, peur de vieillir ?
    Mêlant témoignages, analyses historiques et sociologiques, références culturelles et réflexions de l'autrice sur son propre rapport à la vieillesse, Qui a peur des vieilles ? apporte un regard rafraîchissant sur une question politique toujours tabou et démonte les stéréotypes sur les femmes ménopausées.

  • «?Je joue depuis quarante ans, me suis appelée de beaucoup de noms, me suis retrouvée dans la peau d'une mystique, d'une tortue, d'une vieille femme, d'amoureuses, d'un tyran...
    Pendant toutes les années où j'ai joué et regardé les autres faire, je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qu'on faisait vivre à nos cerveaux. C'étaient des partenaires fantastiques pour s'échapper de nous-mêmes, mais je me demandais ce qu'ils vivaient quand ils sautaient comme des pop-corn dans la vie des autres.
    Alors j'ai questionné des comédiens pour savoir ce qui se passe dans leur tête et leur corps quand ils jouent, et je suis allée à la rencontre de scientifiques pour leur demander de m'aider à comprendre ce qui se passe dans nos cerveaux quand on devient un autre. Au Palais de la science, j'ai poussé mon caddie.
    J'ai compris qu'il était impossible de comprendre ce qui se passe dans un cerveau qui joue sans comprendre comment fonctionne le cerveau à l'état normal. Rien n'est comme on croit dans la vie. Le cerveau est si cocasse. J'ai compris tant de nos bizarreries humaines, que j'ai eu envie de partager ce trésor, qui finalement nous rassemble.?» A. G.

  • Nombre de femmes et d'hommes qui cherchent l'épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s'invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies et qui revient aujourd'hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l'amour hétérosexuel, ce livre propose une série d'éclairages.
    Au coeur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d'infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d'elles-mêmes et le bonheur amoureux. Le conditionnement social, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l'abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques. Même l'attitude que chacun est poussé à adopter à l'égard de l'amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu'être malheureuses. Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l'espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ?

  • Une brève histoire de l'égalité

    Thomas Piketty

    • Seuil
    • 26 Août 2021

    « Les questions économiques sont trop importantes pour être laissées à une petite classe de spécialistes et de dirigeants. La réappropriation citoyenne de ce savoir est une étape essentielle pour transformer les relations de pouvoir. » T. P.

    En présentant l'évolution en longue durée des inégalités entre classes sociales dans les sociétés humaines, Thomas Piketty propose une perspective nouvelle sur l'histoire de l'égalité. Il s'appuie sur une conviction forte forgée au fil de ses recherches : la marche vers l'égalité est un combat qui vient de loin, et qui ne demande qu'à se poursuivre au xxie siècle, pour peu que l'on s'y mette toutes et tous.

  • Sur la piste animale

    Baptiste Morizot

    • Actes sud
    • 25 Août 2021

    Depuis les forêts du Yellowstone aux crêtes du Kirghizstan, des steppes du Haut-Var à la terrasse de son appartement, Baptiste Morizot nous invite à partir sur les traces d'êtres hors du commun, souvent mythifiés : les grands prédateurs - ours, loups, panthères des neiges... À travers différents récits de pistage, l'auteur nous propose ainsi de porter notre attention sur le vivant simultanément autour de nous et en nous, et apprendre à cohabiter avec lui.

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  • Les formes du visible

    Philippe Descola

    • Seuil
    • 2 Septembre 2021

    La figuration n'est pas tout entière livrée à la fantaisie expressive de ceux qui font des images. On ne figure que ce que l'on perçoit ou imagine, et l'on n'imagine et ne perçoit que ce que l'habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l'une des quatre régions de l'archipel ontologique : animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l'ossature et le mobilier du monde, d'en percevoir les continuités et les discontinuités, notamment les diverses lignes de partage entre humains et non-humains.

    Masque yup'ik d'Alaska, peinture sur écorce aborigène, paysage miniature de la dynastie des Song, tableau d'intérieur hollandais du XVIIe siècle : par ce qu'elle montre ou omet de montrer, une image révèle un schème figuratif particulier, repérable par les moyens formels dont elle use, et par le dispositif grâce auquel elle pourra libérer sa puissance d'agir. Elle nous permet d'accéder, parfois mieux que par des mots, à ce qui distingue les manières contrastées de vivre la condition humaine. En comparant avec rigueur des images d'une étourdissante diversité, Philippe Descola pose magistralement les bases théoriques d'une anthropologie de la figuration.

  • Animal : chaque génération a son combat, voici le nôtre

    Cyril Dion

    • Actes sud
    • 29 Septembre 2021

    Après le film DEMAIN sorti en 2015, Cyril Dion réalise son deuxième long-métrage, ANIMAL (sortie prévue à l'automne 2021), cette fois consacré à l'exploration d'une variété de cohabitations harmonieuses entre les humains et l'ensemble du vivant. Accompagné de 2 adolescents, Bella et Vipulan, ils vont à la rencontre de personnalités telles que Philippe Descola, Baptiste Morizot, Jane Goodall et bien d'autres. Le regard des deux jeunes gens sur le monde vivant va s'en trouver totalement bouleversé... C'est ce que raconte le film et, plus encore, ce livre qui prend le temps d'aller au fond des choses et de tirer le maximum de chaque rencontre.

  • La voix des pôles

    Lescarmontier Lydie

    • Flammarion
    • 3 Février 2021

    Quand Lydie Lescarmontier embarque à bord de l'Astrolabe, célèbre navire polaire, elle ne connaît que sa destination : l'Antarctique, via les quarantièmes rugissants puis les cinquantièmes hurlants.
    Partie dans le cadre d'une expédition scientifique pour observer l'évolution des glaciers, elle ignore encore qu'elle sera marquée à tout jamais par cette aventure : le mal de mer, l'exiguïté des espaces comme des relations sociales, le risque vital omniprésent et l'insignifiance de l'homme dans un milieu aussi hostile que suffocant de beauté.
    Peu à peu, son sujet d'étude - la glace - devient une dévorante passion. Elle découvre la douce apparition de la banquise, du premier cristal de frasil à la plaque de nilas ; le fonctionnement de la calotte, de la chute du premier flocon au vêlage de l'iceberg ; ou encore les écosystèmes polaires, du développement d'une algue attachée à la banquise jusqu'à la migration des baleines venues se nourrir de krill.
    Dans ce périple sauvage, qui est aussi le roman de son propre apprentissage, Lydie Lescarmontier se fait l'interprète des pôles. Les glaces sont à la fois les baromètres et la mémoire climatique du monde. Saurons-nous écouter leur cri d'alarme ?

  • Mondes d'ailleurs

    Xuan Thuan Trinh

    • Flammarion
    • 19 Mai 2021

    Existe-t-il des planètes comparables à la Terre ? Hébergent-elles la vie ? La pluralité des mondes fascine les savants depuis des millénaires, de Démocrite jusqu'à Carl Sagan, en passant par Giordano Bruno et Camille Flammarion. Aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire de notre espèce, nous possédons la science et la technologie requises pour éclairer cette question, notamment grâce à la découverte de milliers d'exoplanètes et d'une profusion de « super-Terres ». Reste à savoir si d'autres intelligences que la nôtre peuplent l'Univers et comment communiquer avec elles, voire les rejoindre...
    Dans ce nouvel opus où s'incarnent nombre de ses thèmes de prédilection, Trinh Xuan Thuan mène l'enquête pour tenter de briser le silence du cosmos. Il présente l'état de l'art sur les méthodes de détection à notre portée et leurs résultats, tout en proposant une vertigineuse réflexion sur les forces opposées qui régissent l'apparition de la vie et de la conscience. Humaniste, il appelle de ses voeux l'extraordinaire révolution qui pourrait advenir le jour où nous ne serons plus seuls dans l'Univers.

  • Pourquoi y a-t-il des atomes, des planètes et des humains plutôt que rien ? Comment pouvons-nous aimer, créer, croire, agir, penser... alors que notre cerveau est le fruit des lois déterministes de la physique ? La conscience est-elle apparue par la seule grâce du hasard ? Et si les étoiles sont appelées à terme à se consumer, les galaxies à se disperser et les trous noirs à s'évaporer comme l'a prédit Stephen Hawking, quel sens donner à notre existence ?
    Vulgarisateur hors pair, Brian Greene s'attaque à ces questions profondes en nous contant non seulement l'histoire longue de l'Univers, mais aussi son futur. Du Big Bang jusqu'à la fin des temps, il propose une quête aux confins de la science, interrogeant au passage l'éphémère beauté du monde.
    Une vertigineuse méditation cosmique par l'un des plus grands physiciens de notre temps.

  • Dictionnaire amoureux des mathématiques

    ,

    • Plon
    • 29 Avril 2021

    « Mathématique, mon amour » : contradiction dans les termes ? Les auteurs nous prouvent le contraire, avec le talent de rester toujours clairs sans renoncer à la profondeur, et avec un sens aigu de la surprise et de l'humour.

    Butinez un à un les articles, de l'abeille géomètre aux mystères du zéro, vous y trouverez les aventures d'explorateurs de la cohérence, des nombres aux propriétés magiques, des raisonnements jubilatoires et de sublimes constructions géométriques. Combien y a-t-il vraiment de feuilles dans un mille-feuille ? De combinaisons dans un Rubik's Cube ? Comment fut résolue la quadrature du cercle et jusqu'à combien peut-on compter sur ses doigts ?
    Les mathématiques sont un langage et l'un des plus beaux. Laissez-vous emporter par la poésie de sa syntaxe.

  • « On passe des commandes en ligne, on prend des apéros en ligne, bientôt on fera l'amour en ligne... Avec le Covid, notre société a gagné vingt ans. » Thierry, restaurateur amiénois.

    Il y a ceux qui se prosternent devant le moindre gadget, qui l'élèvent au rang de « Progrès » à majuscule. Et d'autres qui cherchent de nouveaux chemins pour un progrès humain.

    Il y a ceux qui rêvent d'un « vaste réseau numérique neural », de « digitalisation » et de « capteurs » partout. Et d'autres qui redoutent ce futur à la Matrix.

    Il y a ceux qui ne laissent pas le choix : « il faut accélérer », « aller de l'avant », « il y a une course, et la France risque de prendre du retard ». Et d'autres qui, avant de s'élancer, s'interrogent sur le sens de cette course : où va-t-on ? où veut-on aller ?

    Il y a ceux qui célèbrent le Prométhée tout-puissant, porteur du feu et de la technique, même lorsqu'il mène à la catastrophe. Et ceux qui reprennent son flambeau, mais autrement : Prométhée a surtout eu pitié des hommes, il a pris le parti des faibles, lanceur d'alerte contre le Jupiter de l'Olympe ou de l'Élysée.

    Il y a leur progrès, et le nôtre.

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