Poésie  

  • La fleuve Nouv.

    52 microrécits fous d'amour, 52 gouttes d'eau qui subliment le quotidien et racontent les cartouches des suicidés de la veille, les oursins cannibales et les nuages gorgés de pluie artificielle. Le poète est ici dans son élément, il jette l'ancre à Québec et mord la fleuve qui le lui rend bien.

  • Le désir en nous comme un défi au monde se veut un témoin de l'éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.

    Adonis ; Olivier Barbarant ; Linda Maria Baros ; Joël Bastard ; Claude Beausoleil ; Tahar Ben Jelloun ; Zoé Besmond De Senneville ; Zéno Bianu ; Carole Bijou ; Alexandre Bonnet-Terrile ; Alain Borer ; Katia Bouchoueva ; Nicole Brossard ; Tom Buron ; Tristan Cabral ; Cali ; Rémi Checchetto ; William Cliff ; François De Cornière ; Cécile Coulon ; Charlélie Couture ; Laetitia Cuvelier ; Seyhmus Dagtekin ; Jacques Darras ; René Depestre ; Thomas Deslogis ; Ariane Dreyfus ; Michèle Finck ; Brigitte Fontaine ; Albane Gellé ; Guy Goffette ; Cécile Guivarch ; Cécile A. Holdban ; Philippe Jaffeux ; Maude Joiret ; Charles Juliet ; Vénus Khoury-Ghata ; Anise Koltz ; Petr Kral ; Abdellatif Laâbi ; Hélène Lanscotte ; Jean Le Boël ; Yvon Le Men ; Perrine Le Querrec ; Jérôme Leroy ; Sophie Loizeau ; Lisette Lombé ; Mathias Malzieu ; Guillaume Marie ; Sophie Martin ; Jean-Yves Masson ; Edouard J. Maunick ; Marie Modiano ; Marcel Moreau ; Emmanuel Moses ; Anne Mulpas ; Bernard Noël ; Carl Norac ; Serge Pey ; Paola Pigani ; Eric Poindron ; Joseph Ponthus ; Jean Portante ; Jean-Luc Raharimanana ; Suzanne Rault-Balet ; Florentine Rey ; Zachary Richard ; Jacques Roubaud ; Valérie Rouzeau ; James Sacré ; Florence Saint-Roch ; Eric Sarner Eugène Savitzkaya ; Jean-Pierre Siméon ; Jean-Luc Steinmetz ; Frédéric Jacques Temple Mila Tisserant ; Milène Tournier ; André Velter ; Laurence Vielle ; Yolande Villemaire ; Thomas Vinau ; Pierre Vinclair ; Sanda Voica.

  • « Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse a commencé au moment exact où je t'ai vue apparaître telle une panthère des neiges... ».
    C'est l'histoire d'une fée qui enlève ses ailes avant d'aller se coucher et d'un apprenti poète qui fait la vaisselle. Cela ressemble à un rêve et pourtant tout est vrai. C'est l'histoire d'un coup de foudre, quand tout est surprise et métamorphose. Quand le corps redevient un parc d'attractions, quand le coeur se transforme en Rubik's Cube.

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  • La voix pleine de sourires et pleine de larmes Sincère comme ce père noir qui repart en pleurs d'un parloir J'ai eu la chance quelque part d'avoir été sauvé par l'art oratoire Ce volume se compose des textes de l'album L'Hiver peul mais aussi de nombreux poèmes inédits de Souleymane Diamanka. L'auteur jongle avec les mots, les fait « métisser ». Sa poésie prêche l'oralité, apparie avec finesse ses cultures peule et européenne, parce qu'il est fier d'être « habitant de nulle part et originaire de partout », dépositaire d'un chant intemporel, d'un appel à l'Amour, à la Tolérance et à la connaissance de l'Autre.

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  • La position du mort flottant Nouv.

    Dernier recueil de poésie publié avant la mort de Jim Harrison, La positions du mort flottant (en anglais Dead man's float) est un livre qui aborde de front les grands thèmes de la mort, de la vieillesse, du Temps... Son titre fait référence à une position utilisée par les nageurs pour se préserver lors de longues courses. S'il s'agit bien d'une technique de survie - pour Harrison, celle qui lui permet d'affronter la maladie, les séances de chirurgie, mais aussi d'appréhender l'approche de la mort et la perception de son corps vieillissant, toujours plus faible - les poèmes, pourtant, font bien plus que flotter.
    Car Harrison trouve, par l'écriture, un moyen de transformer le négatif en une opportunité d'introspection, de retour à la vie - ce qui le rapproche encore et toujours de l'enfance, les souvenirs, et ce qui reste, encore, au quotidien, pour lui qui sait qu'il n'a plus d'avenir à construire. Alors que la mort approche, il se concentre sur les petites choses de son monde quotidien, sur les souvenirs toujours vivaces qui le séparent, à peine, de son enfance.
    Comme s'il pouvait toujours, "soixante-huit ans plus tard (...) habiter le corps de ce garçon sans penser au temps écoulé depuis". Et comme si la vieillesse, au final, ne faisait rien d'autre que rejoindre l'enfance.

  • Marie-Lou-Le-Monde

    Marie Testu

    « Tout commence et Tout finit par Marie-Lou » Marie-Lou-Le-Monde, c'est un vertige amoureux, un chant du désir, un hommage à un fantasme impérissable. Dans le sud de la France, deux adolescentes se rencontrent au lycée. L'une est solaire et ténébreuse, irradiante, libre. L'autre, amoureuse et à l'affût. Le roman, c'est l'histoire de ce télescopage, une étincelle, une bouffée de chaleur, un roman-poème qui dit l'amour passionnel d'une jeune fille pour l'incandescente Marie-Lou.

  • Dans cet ouvrage très personnel, écrit en hommage aux poètes chinois de l'époque Tang (618-907) - parmi lesquels Li Bai, Du Fu, Wang Wei, Bai Juyi... -, J.M.G. Le Clézio fait revivre ces figures d'une époque troublée, qui aimaient le vin, les femmes, les errances, la nature, le passage des saisons, qui partageaient les souffrances du peuple face à la pauvreté ou à la violence des guerres... Poètes pour lesquels l'homme ne doit pas dominer mais plutôt échanger avec les autres règnes, les animaux, les plantes, l'eau, la terre, les pierres, les nuages, la brume, les astres...

    Incursion dans une civilisation qui a ouvert la Chine à la modernité, ce livre singulier et passionnant nous conduit dans la création et l'intimité de ces femmes et de ces hommes qui nous touchent encore aujourd'hui par leur art de vivre, leur élégance et leur intransigeante vérité.

  • Les courts textes qui composent Nous avons de pluie assez eu sont autant de petits morceaux d'une vie dans la campagne irlandaise. Mais ce quotidien s'articule uniquement autour d'anecdotes qui ont trait - d'une façon ou d'une autre - aux oiseaux croisés par la narratrice En ornithologue peu avisée, elle traque les oiseaux qui peuplent son quotidien, ainsi que leurs interactions involontaires avec la société humaine : la fierté de celui ou celle qui aura aperçu « la première hirondelle », au moment du retour de ces oiseaux ; l'agacement des habitants face à leurs voitures, maisons et meubles de jardin couverts d'excréments ; un pigeon mort qui devient une représentation de l'absence ; des coquilles d'oeufs difficiles à reconnaître, un oiseau en plastique qui semble vrai,...
    Avec légèreté et délicatesse, Erica van Horn observe chacun des oiseaux rencontrés avec le même soin. Elle propose un recueil ornithologique inattendu, poétique, où il ne s'agit pas tant de reconnaître les oiseaux que de les observer dans leurs rencontres quotidiennes avec les humains, et de voir comment leur présence influence et marque la vie d'un village elle-même.

  • Alexandre Rolla propose une promenade qui court le long des chemins de l'enfance et de l'adolescence, dans l'est de la France, pour rejoindre un hameau blotti à l'entrée du Val de Saire, en suivant les méandres du sentier littoral de la côte nord du Cotentin.

  • Ces lettres ne feront pas de vous un poète talentueux, là n'est d'ailleurs pas la question. Mais le lecteur se surprendra peut-être à découvrir en Rilke l'un de ses semblables. L'écrivain de génie s'y révèle de fait d'une déconcertante accessibilité. Face aux doutes d'un jeune poète, Rilke conseille et rassure son correspondant, avec patience et humilité.
    Et si la poésie dépendait moins du travail sur le texte que d'un travail sur soi ? À défaut de révéler les ressorts de la création littéraire, c'est une véritable éthique que le poète tâche d'exposer.
    La traduction de l'écrivain Gustave Roud, longtemps introuvable, révèle brillamment la puissance poétique intacte de ces lettres. Demeure un texte culte, universel :
    Un guide pour tous ceux éprouvant cette « noble inquiétude de vivre ».

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  • Le projet et la réalisation de cet ouvrage sont nés grâce à la rencontre de deux habitant.e.s des Grottes, quartier populaire de Genève. Le premier, Claude Tabarini est écrivain, tandis que la seconde, Marfa Indoukaeva est illustratrice.
    Tous les deux sont des flâneurs urbains et, chacun à sa façon, ils prennent note de l'ordinaire, nourris par un sens de l'observation aigu, attentifs aux changements de saisons, aux bruissement des villes, aux éclats du quotidien.
    A la suite de Charles-Albert Cingria, Claude Tabarini perpétue avec art le vers déambulatoire si particulier à l'arc lémanique. Sorte de touriste curieux, dans sa propre ville ou ailleurs, il écrit au jour le jour des observations qui sont comme autant de petites vignettes à déguster. Des moments fugaces, des fragments de réel posés sur la page pour qu'ils continuent à exister. Que se soit par de brèves notations, des poèmes, des haïkus ou des textes plus long - sortes de chroniques -, Tabarini n'a de cesse de révéler les morceaux de poésie qui traversent l'ordinaire.
    Marfa Indoukaeva, elle aussi, travaille à partir de la magie et de l'enchantement du quotidien. Ses illustrations, souvent végétales ou animales, témoignent de promenades émerveillées dans la ville ou la campagne, où chaque petit détail mérite d'être constaté et rendu.
    La matière accumulée dans ce recueil forme une série d'éclats, de polaroïds. Ni un livre de poète, ni un livre de peintre, les textes et les gravures se démultiplient dans l'espace de la page pour mieux donner à sentir les miroitements de la vie de tous les jours, celle qu'on oublie parfois de regarder, et que les artistes nous permettent de réenchanter.

  • La collection La Mer dangereuse, dédiée au désir et aux passions amoureuses - en reférence à la carte du Pays de Tendre qui représente les différentes étapes de la vie amoureuse et où la Mer dangereuse figure les passions.

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  • Fidèle à l'appel constant des autres rives et des antipodes, dans l'ardente continuité de ses quatre premiers numéros - Galaxies identitaires, De l'imaginaire et des pouvoirs, La guerre et la paix et Traduire le monde -, la revue Apulée poursuit sa double investigation : face aux bouleversements de l'actuel et dans l'espace inaliénable de la création toujours en devenir.
    Dans cette cinquième livraison, c'est le tissage et le métissage des langues - avec au coeur la traduction à l'origine des grands humanismes tant méditerranéens qu'occidentaux - qui sont à l'honneur.
    Essayistes, romanciers, nouvellistes, traducteurs, plasticiens et poètes nous rappellent au choix impérieux de l'éveil, du qui-vive et de la parole libre face aux pires dérives, en cette période de régression identitaire, de puérilisme généralisé et de démission compulsionnelle. Avec à l'esprit l'injonction de Lautréamont : « Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuel. »

  • Pourquoi des poétesses (Audre Lorde, Adrienne Rich, Gloria Anzaldúa & Cherríe Moraga, bell hooks, Dorothy Allison, Robin Morgan, Marge Piercy, Alice Walker, Paula Gunn Allen, Rita Mae Brown, etc.) ont-elles été des leadeuses, activistes et théoriciennes, des mouvements féministes aux Etats-Unis dans les années 1970 et 1980 ? Dans une première partie, un essai de la poétesse féministe Jan Clausen, écrit en 1982 au pic du mouvement, propose des pistes de réponse.
    Dans une deuxième partie, une anthologie bilingue de poèmes écrits entre 1969 et aujourd'hui montre la pérennité de ce lien entre poésie et féminismes aux Etats-Unis.

  • À quoi s'attendre en ouvrant un livre intitulé Loups et Brebis ? À un conte pour enfants ? Une fable sur « la raison du plus fort » ? Une parabole à forte charge symbolique sur la férocité et la violence des rapports de domination ? Avec ce livre du poète Manuel Silva Acevedo, devenu un des jalons de la littérature chilienne, rien de tel. Ou plus exactement, rien d'aussi simple, nulle pensée binaire sur la victime et son bourreau, nulle lecture univoque possible. Ce texte étonnant, qui aura attendu près d'un demi siècle avant d'être traduit en langue française, se donne dans une ambiguïté permanente, déjouant nos représentations et résistant à l'analyse. Et si loups et brebis se trouvaient en chacun de nous ? Peut-être... Le poème sonderait alors le clairobscur de notre âme.

  • Il y a le retour prudent sur le chemin des origines, le long de la côte, où les maisons boudent. La poésie mène alors à l'enfance, se fait gourmande, des bleuets en confiture, un coeur de lièvre sous la dent. Ici, les bonheurs disponibles s'empilent sur tout ce dont on ne parle pas, des pères horizon, des mères à la gorge inquiète. Et arrivées au bout nous prendrons racine dit le trajet vers une réconciliation avec un territoire, ce lichen millénaire dans lequel s'en vont renaître femme et fille, main dans la main, dit ce nord hostile et fertile, fait de grands espaces et de petites choses. De doigts gelés et de pain chaud.
    Et surtout, de silence.

  • Ciguë

    Annie Lafleur

    Avaleuse d'eau mortelle, aux abois, tombée de la branche, elle cuve au vent son poison, son philtre, sa drogue, son remède, et retrouve au sol son frère guéri par la foudre. Le pacte est scellé et l'odyssée commence, contre la mort toute-puissante criée à l'oreille. Corps lancés, gueule ouverte, dans les forêts, les coulées, les ravins, franchissant les barrages la tête au ciel. Corps excités par une langue addictive et haletante, par une langue qui donne à la vie une soif égale à la sienne. Qui boira la ciguë, qui mourra de la soif, qui vivra verra.

  • Entretien avec Reynald André Chalard.

    « Écrire ! À quoi bon une oeuvre, disait Marcel Arland, si elle ne peut se confondre avec l'amour, et si le chant qu'elle ébauche, tandis que je vais sur ma fin, ne peut monter d'un coeur plus nu ? ».

    Ces quelques mots illustrent admirablement le talent de Philippe Jaccottet, l'exigence, la rigueur et l'honnêteté de toute une vie consacrée à la poésie et à la traduction des plus grands.
    Au cours de cet entretien entre un jeune homme et un poète, il nous est permis d'entrevoir les cheminements mêmes de l'expérience poétique, la fragile beauté du paysage, les choses et leurs secrets, l'apparente tranquillité des mots, l'inquiétude souveraine et la résistance du monde.

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  • Le titre donné par Silvia Baron Supervielle à ce volume, qui réunit un choix de ses poèmes et dévoile de nombreux inédits, ne pourrait pas être plus heureux. Le mot Marge renvoie non seulement aux espaces blancs de ses pages, mais encore au concept de rive, que son roman La Rive orientale a consacré, et qui s'applique comme une ample métaphore à ses diverses expériences créatives : de la traversée de la traduction, du changement de langue et de pays jusqu'au miroir des rives confrontées qui surgit de la magie de la distance.

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  • En l'an 8 de notre ère, Ovide doit s'exiler sur ordre de l'empereur Auguste. Il ne reviendra jamais à Rome : il mourra à Tomes à l'âge de soixante ans. Durant près de dix ans, il écrira aux siens, à l'empereur, et ses lettres sont parmi les oeuvres les plus poignantes que la littérature ait produites : d'abord «Tristia (Les Tristes)» puis «Epistulæ ex Ponto (Les Pontiques)». Cris de douleur, d'amour, de révolte, ces poèmes épistolaires parlent aujourd'hui à tous les êtres qui ont connu ou connaissent l'exil - qu'il soit directement imposé par le pouvoir ou rendu nécessaire pour préserver sa vie.

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  • "Les plantes dites vulnéraires, utilisées dans de savantes décoctions, sont réputées pour leurs vertus cicatrisantes ; elles referment les plaies, effacent les blessures. La poésie de Cathy Jurado distille ainsi le temps pour dissoudre les terreurs, sublimer les dislocations de l'existence, décanter le passé coagulé et la mélancolie ordinaire. L'alchimie de la langue agit ici, dans l'alambic du poème, comme un élixir de vie : si la poésie ne guérit rien, elle retranscrit la douleur et ses signes et tente d'en ordonner le chaos, dans un geste de soin accordé au monde et à la langue."

  • Les objets sont les os du temps (...) écrire un roman, par conséquent, ce sera non seulement composer un ensemble d'actions humaines, mais aussi composer un ensemble d'objets tous liés nécessairement à des personnages, par proximité ou par éloignement. (Butor, 1995). De ces trois versions du même jeu de massacre, l'écriture, celle du pédagogue (Genette), celle du géomètre (Butor) et celle du tireur (le garde-chasse Chaigneau), je n'entends que la dernière, celle où les plombs cinglent au-dessus de mes oreilles, où je pique la tête et relève, d'un coup de panache, la queue, feignant de tomber mort sur le coup.
    Il se produit (ou pas) entre un texte et son lecteur, un événement d'une intensité extraordinaire. Je ne lis plus le texte, je le bois, et m'y abreuvant, j'ai lieu. Moi aussi je suis Heathcliff.
    Lisant Proust, je me fiche du temps que dure le dîner chez la duchesse de Guermantes, de l'intervalle de temps qui sépare les séquences, de la répartition des convives et de celle des objets.
    Lisant Proust, je mesure le temps à mon asthme. Je tousse donc je suis. Je crache un sang moussu.
    Moi aussi, mes poumons sont atteints. Le renard tiré vivant est non seulement le renard qui va mourir, mais le renard de la fable. Je ne lis pas le texte du garde-chasse, j'épaule et, quand je presse la gâchette, je me retranche à l'autre extrémité du doute, là où le renard syncope, va syncopant, va feintant, va fabulant.

  • L'histoire d'Antar, ce personnage pré-islamique et pourtant contemporain, est accompagnée de calligraphies arabes originales.

    Guerrier et poète, tel fut Antar, ou Antara. De l'Arabie préislamique du vie siècle où il vécut, la légende le projettera ensuite jusqu'à l'Espagne musulmane et aux Croisades. Fils d'une esclave abyssine, il devait à sa mère sa couleur noire qui le fit surnommer l'un des trois corbeaux des Arabes. Condamné par sa naissance illégitime à la condition d'esclave, il ne dût qu'à la vaillance qu'il déploya lors d'une incursion d'une tribu voisine, la reconnaissance de son père. Il devint alors le défenseur attitré des Bédouins dont il demeure, encore aujourd'hui, avec son esprit chevaleresque et aventureux, son amour de la liberté, son sentiment exalté de l'honneur, la figure emblématique.
    Les créations fougueuses, tendres, subtiles de Hassan Massoudy scandent le texte d'une épopée qui met en scène un homme d'armes et de mots, capable au plus fort des batailles, d'improviser de courtes stances d'un lyrisme remarquabIe, aux accents profondément poétiques, dont un certain nombre nous sont parvenues.

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  • Souspente

    Alain Tudal

    La genèse de ce livre écrit par un enfant de treize ans est une manière de conte. À leur arrivée à Paris en 1943, la mère d'Antoine Tudal, Jeannine Guillou, et son compagnon depuis 1937, Nicolas de Staël, s'installent dans l'hôtel particulier de Pierre Chéreau, rue Nollet, dans le quartier des Batignolles. Pierre Chéreau est alors en exil en Amérique, son bien confisqué par les autorités allemandes ; c'est la galeriste Jeanne Bucher qui le leur fait ouvrir, avec son parc en friche où les gamins des rues avoisinantes viennent s'encanailler auprès du jeune Antoine. Ce petit franco-polonais qui se fait aussi appeler Antek est, d'après sa mère, « inattrapable en corps et en esprit ». Des tribulations dans les Carpates et dans le désert marocain de son enfance, il a gardé le goût incoercible de la grande vie et des immenses espaces.
    On dit qu'il tourne mal. Un larcin qu'il commet par voyouterie innocente à la veille de la Noël 1943, met en danger Nicolas de Staël (les lois en vigueur en font un apatride, et partant un potentiel gibier de camp de concentration). Aussi, pour qu'Antek tire une leçon morale du vol, sa mère, tout ensemble ulcérée et inquiète, l'enferme dans la mansarde de l'hôtel et lui sert les repas sur la marche haute de l'escalier. Au grenier il n'y a rien, sauf une grosse bibliothèque de poésie contemporaine : Gide, Michaux, Supervielle, Birot... Quand après six mois il descend de sa « souspente », c'est avec un cahier de poèmes éblouissants pour son âge, véritable don d'une nuit d'Idumée. Antoine Tudal a concentré sur quelques pages le regard aigu qu'il porte sur le monde adulte, et toute sa rage de la solitude, son angoisse devant un univers menacé par le silence. Pierre Reverdy, à qui l'on rapporte l'histoire, est tout de suite ému par cet enfant dans une mansarde qui, comme lui, aurait su reconnaître en la poésie « le seul moyen de combler l'abîme qui baille entre les choses ». Il alerte le peintre Georges Braque, qui décide de faire imprimer un choix de poèmes chez Robert-J. Godet. Cette édition de luxe, rehaussée par une lithographie de Braque, est l'occasion pour Reverdy d'approfondir dans une très belle préface « au ton d'ironie glacée » sa propre idée de la poésie.
    Notre édition de Souspente suit l'originale de 1945, qui n'avait jamais été réimprimée. Elle est enrichie d'un texte d'Anne de Staël, demi-soeur de l'auteur, et d'une note bibliographique d'Étienne Alain Hubert, éditeur des OEuvres complètes de Pierre Reverdy chez Flammarion.

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