Nos nouveautés littérature

  • Dara McAnulty est un naturaliste nord-irlandais, un amoureux de la faune et de la flore, un adolescent autiste ayant trouvé dans la nature un remède à ses maux, un refuge. En 2018, alors que sa famille s'apprête à déménager à l'autre bout du pays, Dara est dévasté par la perspective de devoir quitter les forêts et paysages qu'il affectionne. L'écriture s'impose à lui comme une nécessité - un moyen d'exprimer ses sentiments et son engagement, ses passions et ses frustrations. À tout juste quatorze ans, il entreprend la rédaction d'un journal et nous fait partager, au fil d'une année, son émerveillement au contact de la vie sauvage et sa lassitude face à l'inconséquence et l'indifférence humaines ; il nous dévoile le quotidien d'un adolescent tiraillé entre les préoccupations inhérentes à son âge et un combat pour la conservation de l'environnement, qui le pousse à transcender son «handicap invisible» en allant vers les autres. Mêlant observations scientifiques, nature writing, poésie et mythologie irlandaises, son récit nous offre la perspective unique d'un jeune autiste sur le monde vivant et nous invite à observer et protéger les merveilles trop souvent ignorées qui nous entourent.

  • La vie d'une trans : un an de leur vie équivaut à sept années « normales ». Tante Encarna a 178 ans et porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du Parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante - gourou, mère collective avec des seins gonflés d'huile de moteur d'avion - protège et partage sa vie avec d'autres membres de la communauté trans, sa sororité d'orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les dernières télénovelas brésiliennes, les rêves inavouables, amour, humour, tendresse, et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché. Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouveront un bébé abandonné qu'elles adopteront clandestinement. Elles l'appelleront Éclat des Yeux.

    Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans autocompassion, Les Vilaines est un geste esthétique et politique qui raconte la fureur et la fête d'être trans. Avec un langage luxuriant, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d'un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu'on souhaite faire lire au monde entier.

  • "Ça lui ronge les tripes et le cerveau, plus fort que sa volonté - une hargne qui l'habite, une violence qui déferle tel un vent d'orage, puissante et incontrôlable. Il voudrait lâcher mais ne pense qu'à frapper." Paul est amer. Son travail est ennuyeux, il vit seul et envie la beauté des autres. Nourrie de ses blessures, sa rancune gonfle, se mue en rage. Contre le sort, contre l'amour, contre les femmes.
    Par dépit, il jette son dévolu sur l'une de ses collègues. Angélique est vulnérable. Elle élève seule son petit garçon, tire le diable par la queue et traîne le souvenir d'une adolescence douloureuse.
    Paul s'engouffre bientôt dans ses failles. Jusqu'au jour où tout bascule. Il explose.
    Une radiographie percutante de la violence, à travers l'histoire d'un homme pris dans sa spirale et d'une femme qui tente d'y échapper.

  • Sur le plateau d´une île règne une fragile harmonie dans un village isolé. L´arrivée d´un puissant cyclone confronte ses habitants à une nature indifférente et dévorante. Survivre tient du hasard, de la chance ou de l´exploit. Mais qu´en sera-t-il après la tempête ? Les passions sauront-elles s´apaiser ? Ou au contraire est-ce que le cataclysme s´invitera dans les âmes en réveillant en l´homme sa soif de destruction ? Dans une langue virevoltante, André Masson crée un monde qu´il regarde s´effondrer.
    Décrivant le déchaînement des éléments grâce à une écriture saisissante, l´auteur emmène le lecteur assister au combat acharné de l´homme à sa propre survie. Ici, la nature se révèle une menace quand les hommes pensent qu´ils la dominent et non composent avec elle. Cependant un danger plus grand couve en dedans, car du ressentiment à la haine, les passions mauvaises ont la violence des tornades.

  • Le 11 novembre 1942, un télex apprend au monde abasourdi que le Maréchal Pétain a quitté Vichy pour rejoindre Alger où les Américains viennent de débarquer. À Londres, après la consternation c'est l'affolement. Le Général, qui a songé au suicide, décide de rassembler ses troupes et d'affréter un bateau de guerre surnommé le «cercueil flottant».
    À bord de cette nouvelle arche de Noé, une galerie de personnages tous plus excentriques et baroques les uns que les autres. A commencer par la garde rapprochée du Général - Aron, Kessel, Druon -, des traîtres, des héros, sans oublier un cortège de jolies femmes, espionnes, amoureuses, cartomanciennes, princesses. Des intrigues se trament, des couples se forment et se défont, la drogue circule même parfois, tandis qu'apparaissent des villes légendaires comme Samarcande.
    La plume de Jean-Marie Rouart virevolte, bondit, caracole. Mais derrière ce roman picaresque se cache un conte philosophique où, plus sérieusement, l'auteur s'interroge sur l'Histoire et ses folies, ainsi que sur certaines énigmes troublantes de la Résistance et de la Collaboration. Et sur une énigme plus grande encore : celle du temps qui fait l'Histoire et défait les amours.

  • Sentir est un voyage qui touche à tous nos sens, et aussi la première aventure menée par Ryoko Sekiguchi en territoire liquide : le vin de Champagne. Tout commence par sa rencontre avec Hervé Deschamps, septième Chef de caves de la Maison Perrier-Jouët depuis 1811, qui lui dévoile ses passions, ses exigences de perceptions et ses rêves. Avec son regard vif et sensible, le chef de cuisine Pierre Gagnaire se joint à la conversation, partageant son aptitude pour faire naître des goûts et des sensations à partir du vivant et du présent. L'ouvrage est rythmé par la précieuse complicité du botaniste Marc Jeanson, à la tête de l'herbier du Museum d'Histoire Naturelle, qui associe sensations et plantes.

  • Samuel raconte Lucas - l'amour, le désamour, le sexe après l'amour, l'amour après la mort de Lucas.
    Samuel, d'une bourgeoisie de gauche, et Lucas, d'un milieu populaire, étudient à Sciences Po. La Manif pour Tous défile. Lucas, très engagé aux côtés des « antifas », descend dans la rue avec son bandana rouge au milieu des fumigènes. Il est blessé lors d'une bagarre, il ne survit pas.
    Samuel se souvient de Lucas - de leur rencontre, de leurs hésitations, du désir fou, des jalousies, des ruptures. Car Samuel n'a jamais tout à fait coupé les ponts avec Victoire, qu'il a aimée ; car Lucas s'est laissé séduire par Mélanie aux jambes fines et fuselées.
    Ils n'ont rien pour s'entendre, tout pour se plaire. Ils tombent amoureux et c'est un amour hérissé de violence et de tendresse, qui laisse sur les lèvres un goût de sel et de fumée.

  • Lassée de participer au cirque social qu'elle observe quotidiennement à Montréal, Anouk quitte son appartement pour une cabane rustique au Kamouraska, là où naissent les bélugas. Encabanée dans le plus rude des hivers, elle apprend à se détacher de son ancienne vie et renoue avec ses racines. Couper du bois, s'approvisionner en eau, dégager les chemins, les gestes du quotidien deviennent ceux de la survie.
    Débarrassée du superflu, accompagnée par quelques-uns de ses poètes essentiels et de sa marie-jeanne, elle se recentre, sur ses désirs, ses envies et apprivoise cahin-caha la terre des coyotes et les sublimes nuits glacées du Bas-Saint-Laurent.

  • Je tourne la page, et ça y est, la chose est enfin dite : " Dans un entretien, observe Nathalie Léger, Marguerite Duras s'énerve un peu : "L'autoportrait, je ne comprends pas ce que ça veut dire. Non, je ne comprends pas. Comment voulez-vous que je me décrive ? Qui êtes vous, allez-y, répondez-moi, hein ? " " Qui je suis, moi ? C'est la question à laquelle je dois maintenant répondre. Lionel Duroy aura passé l'essentiel de son temps à écrire.
    A travers ses nombreux romans, il a tenté de démêler les fils d'une vie, éclairant au passage celles et ceux qui nous aident à grandir ou s'emploient à nous détruire, parfois sans le vouloir : nos parents, nos frères et soeurs, ceux que nous aimons, puis désaimons. Aujourd'hui, avec L'homme qui tremble, il inverse les perspectives et, dans un autoportrait cruel et lumineux, s'interroge sur son propre rôle dans ce destin singulier

  • Marina A.

    Eric Fottorino

    À l'approche de Noël 2018, le docteur Paul Gachet emmène sa femme et sa fille à la découverte de Florence. Alors qu'il brûle de leur faire découvrir les Botticelli, les charmes de la vieille ville et du fleuve Arno, leur séjour est perturbé par l'apparition d'une performeuse serbe, Marina Abramovic, à travers les rues de la cité jusqu'aux salles du Palazzo Strozzi. Qui est cette femme soudain omniprésente qui bouleverse tous les repères de Paul Gachet et des siens, malmenant son propre corps pour parler à une humanité sourde et défaillante ?
    Chirurgien-orthopédiste, Paul Gachet répugne aux mutilations de l'artiste. Mais il est malgré lui envoûté par son univers qui, s'éloignant peu à peu d'une violence gratuite en apparence, exprime une recherche d'harmonie avec l'autre, en particulier avec son compagnon Ulay qu'elle enlace à l'étouffer avant de nouer sa chevelure à la sienne ou d'exposer son coeur à la flèche de son arc.
    Deux ans après cette apparition florentine, Paul Gachet tombe par hasard sur une photo ancienne de Marina A et d'Ulay intitulée L'impossible rapprochement. Prise en 1983 à Bangkok, elle montre deux êtres qui voudraient se toucher mais en sont mystérieusement empêchés et doivent rester à distance l'un de l'autre. Alors qu'éclate la pandémie planétaire, Paul Gachet comprend que les manifestations de cet art étaient une forme d'alerte dont il saisit enfin toute l'importance. Une incitation à protéger l'autre, à refonder nos sociétés sur ces deux petits mots : « après vous ».

  • Un appartement vide : c'est ce que trouve Nathan quand il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme. Très vite, il doit se rendre à l'évidence : Jun est rentrée au Japon, son pays natal, avec Léo. À l'incompréhension succède la panique : comment les y retrouver, quand tant d' autres là-bas courent en vain après leurs disparus ? Et que faire de ces avertissements que lui adresse son entourage : même s'il retrouve leur trace, rien ne sera réglé pour autant ?

    Entre la Bretagne où il tente d'épauler Lise, elle aussi privée de son fils, et un Japon qu'il croyait connaître mais qu'il redécouvre sous son jour le plus cruel, Nathan se lance dans une quête effrénée. En retraçant l'itinéraire d'un père confronté à l'impensable, Olivier Adam explore la fragilité des liens qui unissent les parents et leurs enfants.

  • Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

    Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d'amour et de passion, de moments de lumière... Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.

    Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C'est surtout un flot ininterrompu d'images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.

  • Zita

    Olivier Hercend

    « Ils filaient comme un oiseau avant l'orage, rasant le sol et frôlant les arbres à pleine vitesse. La main de monsieur Leone s'est posée sur son épaule. Sa voix, qui avait disparu dans le grondement, résonnait de nouveau, intense et pressante.
    - Plus vite, accélère. ».

    Italie, été 1922. Une curieuse alliance se noue. D'un côté, monsieur Leone, passionné de compétition automobile, rentré infirme de la guerre. De l'autre, Zita, sa bonne, une fille de la campagne fascinée par la conduite. Leone se met en tête d'en faire une pilote et la propulse sur les routes de Lombardie pour concourir à des prix.
    De course en course, contre les fantasmes de puissance que fait naître la machine et le spectre du fascisme triomphant, Zita affirme son don à la face d'un monde tristement bridé et déploie une autre façon d'être, dans l'osmose et l'abandon avec son bolide.
    Un singulier premier roman qui s'adresse directement à nos sens, où Olivier Hercend explore le cheminement intime d'une femme jusqu'à cette ineffable expérience qu'est l'exaltation de la course.

  • A travers l'histoire d'une amitié adolescente, Makine révèle dans ce véritable bijou de littérature classique un épisode inoubliable de sa jeunesse.
    Le narrateur, treize ans, vit dans un orphelinat de Sibérie à l'époque de l'empire soviétique finissant. Dans la cour de l'école, il prend la défense de Vardan, un adolescent que sa pureté, sa maturité et sa fragilité désignent aux brutes comme bouc-émissaire idéal. Il raccompagne chez lui son ami, dans le quartier dit du « Bout du diable » peuplé d'anciens prisonniers, d'aventuriers fourbus, de déracinés égarés «qui n'ont pour biographie que la géographie de leurs errances. » Il est accueilli là par une petite communauté de familles arméniennes venues soulager le sort de leurs proches transférés et emprisonnés en ce lieu, à 5 000 kilomètres de leur Caucase natal, en attente de jugement pour « subversion séparatiste et complot anti-soviétique » parce qu'ils avaient créé une organisation clandestine se battant pour l'indépendance de l'Arménie.
    De magnifiques figures se détachent de ce petit « royaume d'Arménie » miniature : la mère de Vardan, Chamiram ; la soeur de Vardan, Gulizar, belle comme une princesse du Caucase qui enflamme tous les coeurs mais ne vit que dans la dévotion à son mari emprisonné ; Sarven, le vieux sage de la communauté...
    Un adolescent ramassant sur une voie de chemin de fer une vieille prostituée avinée qu'il protège avec délicatesse, une brute déportée couvant au camp un oiseau blessé qui finira par s'envoler au-dessus des barbelés : autant d'hommages à ces « copeaux humains, vies sacrifiées sous la hache des faiseurs de l'Histoire. » Le narrateur, garde du corps de Vardan, devient le sentinelle de sa vie menacée, car l'adolescent souffre de la « maladie arménienne » qui menace de l'emporter, et voilà que de proche en proche, le narrateur se trouve à son tour menacé et incarcéré, quand le creusement d'un tunnel pour une chasse au trésor, qu'il prenait pour un jeu d'enfants, est soupçonné par le régime d'être une participation active à une tentative d'évasion...
    Ce magnifique roman convoque une double nostalgie : celle de cette petite communauté arménienne pour son pays natal, et celle de l'auteur pour son ami disparu lorsqu'il revient en épilogue du livre, des décennies plus tard, exhumer les vestiges du passé dans cette grande ville sibérienne aux quartiers miséreux qui abritaient, derrière leurs remparts, l'antichambre des camps.

  • Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l'agitation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convaincus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrouver le bonheur et l'insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n'existent plus, d'oublier les trahisons ? Et si c'était en dehors de cette famille, auprès d'autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?
    Dans son premier roman, Carine Joaquim décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions naissantes comme les relations détruites, les incompréhensions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

  • L'étrange feminin

    Collectif

    Fictions inédites de Caroline Audibert, Marie Cosnay, Bérengère Cournut, Clara Dupuis-Morency, Hélène Frappat, Karin Serres rassemblées par Lucie Eple et accompagnées par les paysages décomposés de Jérôme Minard. Six autrices des plus singulières de la littérature française contemporaine s´en vont explorer l´étrange. Six expéditions qui bousculent et métamorphosent le réel pour s´en émanciper. Six voyages à travers l´envoutement du féminin, de la nature et de la création. Six immersions dans les mystères du monde et de l´intime. Six aventures épousant les reflets profonds de l´ombre. Six expériences comme autant d´incantations pour l´obscurité, la sorcellerie et la littérature. Ce morceau de nuit qui a toujours une longueur d´avance.

  • Liv Maria

    Julia Kerninon

    Une exploration éblouissante des sentiments au féminin, des jeux entre l'apparence et la vérité Son nom est Liv Maria Christensen. Enfant solitaire née sur une île bretonne, entre une mère tenancière de café et un père marin norvégien. Envoyée subitement à Berlin à l'âge de 17 ans, elle tombe amoureuse de son professeur d'anglais. Le temps d'un été, elle apprend tout. Le plaisir des corps, l'intensité des échanges. Mais, à peine sortie de l'adolescence, elle a déjà perdu tous ses repères. Ses parents décèdent dans un accident, la voilà orpheline. Et le professeur d'été n'était peut-être qu'un mirage. Alors, Liv Maria s'invente pendant des années une existence libre en Amérique latine. Puis, par la grâce d'un nouvel amour, elle s'ancre dans une histoire de famille paisible, en Irlande. Deux fils viennent au monde. Mais Liv Maria reste une femme insaisissable, même pour ses proches. Comment se tenir là, dans cette vie, avec le souvenir de toutes celles d'avant ?
    Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d'une femme marquée à vif par un secret inavouable. Et explore avec une grande justesse les détours de l'intime, les jeux de l'apparence et de la vérité.

  • Trencadis

    Caroline Deyns

    "Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse". Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie.
    Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement.
    Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? "J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu".

  • Betty

    Tiffany Mcdaniel

    «Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l'histoire qu'il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.».
    La Petite Indienne, c'est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants.
    Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.
    Lorsque les Carpenter s'installent dans la petite ville de Breathed, après des années d'errance, le paysage luxuriant de l'Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l'écriture : elle confie sa douleur à des pages qu'elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu'un jour, toutes ces histoires n'en forment plus qu'une, qu'elle pourra enfin révéler.
    Betty raconte les mystères de l'enfance et la perte de l'innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

  • Sur près de soixante-dix ans et trois générations, Margaret Wilkerson Sexton relate la saga d'une famille noire et déroule l'histoire de la Nouvelle-Orléans, ville symbole de la fracture sociale et raciale américaine, dans un premier roman puissant et lumineux. Entremêlant les destins d'Evelyn, Jackie et T.C. à des moments charnières de leur existence, elle nous montre que si les temps changent, les problèmes des Afro-Américains restent les mêmes dans un pays toujours malade de ses discriminations.

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.

  • Le Mississippi. Un fleuve mythique qui descend du lac Itasca dans le Minnesota jusqu'au golfe du Mexique, en passant par Saint-Louis et La Nouvelle-Orléans. Impétueux et dangereux, il charrie des poissons argentés, des branches d'arbre arrachées, des tonnes de boue, mais aussi l'histoire du pays et les rêves d'aventure de ses habitants. À l'âge de trente ans, Eddy décide de répondre à l'appel de l'Old Man River, de suivre en canoë son parcours fascinant pour sonder le coeur de l'Amérique et le sien, tout en prenant la mesure du racisme, lui qui ne s'est jamais vraiment vécu comme Noir. Au passage, il expérimentera la puissance des éléments, la camaraderie des bateliers, l'admiration des curieux ou l'animosité de chasseurs éméchés. Mais aussi la peur et le bonheur d'être seul. Il en sortira riche d'une force nouvelle et d'un livre fondateur, publié en France pour la première fois.

  • Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l'université pour y faire de brillantes études, il voit s'évanouir ses rêves d'avenir lorsque, à la suite d'une erreur judiciaire, on l'envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s'engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu'il s'agit en réalité d'un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d'amitié. Mais l'idéalisme de l'un et le scepticisme de l'autre auront des conséquences déchirantes.

    Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s'inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l'instar de William Faulkner et John Updike. S'inspirant de faits réels, il continue d'explorer l'inguérissable blessure raciale de l'Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d'innocents, victimes de l'injustice du fait de leur couleur de peau.

    « Le roman de Colson Whitehead est une lecture nécessaire. Il détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences et montre que leurs effets se font sentir encore aujourd'hui. » Barack Obama

  • Sanza, exaspéré par la vie familiale, quitte ses parents et rejoint le Parvis de la Poste, où vivent d'autres gamins de la rue. Commence la dolce vita, larcins petits et grands, ciné avec Ngungi l'enfant-sorcier et voyages en avion vers l'infra-monde... Mais les bagarres et les séances de colle finissent par le mettre vraiment sur la paille et l'obligent à céder au mystérieux Monsieur Guillaume et à sa police secrète.

    Lubumbashi est en plein chaos, on conspire dans tous les coins, on prend des trains pour nulle part, on se précipite dans l'Angola en guerre pour aller traquer le diamant sous la protection de la Madone des mines de Cafunfu, un écrivain autrichien se balade avec une valise pleine de phrases, le Congo devient Zaïre et le jeune Molakisi archevêque. Mais la nuit, tous se retrouvent au « Mambo de la fête », là se croisent tous ceux qui aiment boire et danser ou veulent montrer leur réussite et leur richesse. Là on se lance à corps perdu dans la Danse du Vilain.

    On retrouve avec bonheur le punch poétique et l'univers échevelé de Fiston Mwanza Mujila, son humour tendre, ses personnages retors, son bazar urbain, on part s'encanailler dans la joie.

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